Édition du mardi 12 novembre 2002


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Hommages croisés de Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy aux Assises des libertés locales de Poitou-Charentes

Jean-Pierre Raffarin a reçu, samedi, dans son fief poitevin où il présidait les Assises des libertés locales au Futuroscope, le soutien appuyé de Nicolas Sarkozy sur son projet de réforme constitutionnelle sur la décentralisation et, plus globalement, sur son action à Matignon. Une semaine après la violente charge du président UMP de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré contre "un intégrisme décentralisateur" -qui avait, selon ses proches, provoqué colère et incompréhension chez le Premier ministre-, M. Raffarin a savouré l'hommage rendu par son ministre de l'Intérieur, pièce maîtresse du gouvernement. "Dans ce combat de la décentralisation, je serai à tes côtés comme je le suis tous les jours depuis six mois. C'est l'occasion pour moi de dire dans ta région que mon soutien à ta politique et à ta personne est fait de conviction, de loyauté et, si tu le permets, d'une bien réelle amitié", a tenu à souligner M. Sarkozy dans un véritable discours d'allégeance. "Plus ça va, plus on s'aperçoit qu'on est tous les deux d'accord sur beaucoup de choses. Il y a une véritable harmonie entre le numéro un et le numéro deux du gouvernement", a ensuite confié en petit comité le ministre de l'Intérieur. Après l'affront du "jacobin" Debré et au moment où certains ministres, comme François Fillon, créent des clubs d'opinions malgré la désapprobation de M. Raffarin, le locataire de la place Beauvau a voulu montrer qu'il entendait jouer la carte de l'axe Raffarin-Sarkozy. Sans attendre, M. Raffarin a rendu la politesse : "J'apprécie au quotidien l'action que tu mènes dans ce pays pour faire en sorte que l'autorité républicaine retrouve du sens". Devant quelques journalistes, le Premier ministre a indiqué que, sur la décentralisation, les deux hommes ont "toujours été sur la même ligne, celle de l'audace". Une façon de dire, à son tour, qu'il n'y a aucune dissension entre eux, alors que certains ministres s'agacent ouvertement de la forte présence médiatique de M. Sarkozy, parfois qualifié, loin des micros, de "Premier ministre bis". Sans aborder la question lors des assises, M. Raffarin a quasiment enterré l'hypothèse d'un référendum national pour valider cette réforme, même si la décision reviendra au président Jacques Chirac. "Nous avons de nombreux dossiers qui peuvent faire l'objet de l'appel au peuple. On ne peut pas banaliser le référendum", a-t-il dit dans un entretien à La Nouvelle République. Quelques élus communistes ont manifesté devant le Futuroscope pour réclamer cette consultation nationale en donnant "la parole au peuple". Le conseiller régional PCF Paul Fromenteil a rompu l'atmosphère de consensus pour dénoncer "la mascarade de démocratie" des assises et la quasi-exclusion des élus de gauche à la tribune. Ségolène Royal, députée des Deux-Sèvres et future porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale sur la décentralisation, a, elle aussi, ironisé sur la "mise en scène" du gouvernement. "On prétend que, dans les assises, on donne la parole à la France d'en bas. C'est tout le contraire, ça dure trois heures avec trois discours ministériels, plus tous les notables de la région qui prennent la parole", a-t-elle dit. Refusant d'être un simple spectateur, le maire PS de Poitiers Jacques Santrot avait préféré boycotter la manifestation.
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