Édition du mercredi 3 novembre 2004


Imprimer Imprimer

Une dizaine de maires PC et apparentés de Seine-Saint-Denis devant le tribunal administratif de Cergy pour défendre leurs arrêtés anti-coupures d'électricité

Une dizaine de maires communistes et apparentés de Seine-Saint-Denis ont défendu, mardi, devant le tribunal administratif de Cergy, au lendemain du début de la trêve des expulsions locatives, leurs arrêtés anti-coupures d'électricité contestés par la préfecture. Fin septembre, ces élus de Seine-Saint-Denis avaient pris des arrêtés anti-coupures d'électricité en réaction au drame de Saint-Denis, en août, où deux personnes avaient péri dans un incendie causé par une bougie, le courant leur ayant été coupé par EDF. Mardi, le tribunal a examiné les arrêtés pris par les maires d'Aubervilliers, La Courneuve, Saint-Denis, Pierrefitte-sur-Seine, Villetaneuse, Stains, Bobigny, Sevran, Tremblay-en-France et le Blanc-Mesnil. Soutenus par une cinquantaine de personnes - élus locaux, familles concernées par des coupures, militants CGT d'EDF et représentants d'associations - qui ont assisté aux débats, les édiles ont présenté leurs arrêtés comme garants du "droit fondamental d'accès à l'énergie". "Nous avons décidé de nous engager contre l'aggravation des difficultés d'accès pour un nombre croissant" de familles "à des droits fondamentaux permettant de vivre dignement", a déclaré à la presse, peu avant l'audience, le maire de La Courneuve, Gilles Poux (PCF), au nom de l'ensemble des maires concernés. "Cette situation n'est que la conséquence du nouveau statut d'EDF-GDF instituant la privatisation, avec ses critères de rentabilité aux dépens de valeurs du service public qui garantissaient le droit à l'énergie à tous. C'est pourquoi (...) nous avons pris des arrêtés interdisant les coupures d'électricité pour des familles de bonne foi connaissant des difficultés économiques et sociales", a-t-il développé. Les maires ont par ailleurs demandé au ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo "de suspendre toutes les coupures d'électricité, comme il l'a fait pour les expulsions locatives". Venu soutenir les maires, un habitant de Pierrefitte-sur-Seine menacé d'une coupure d'électricité à cause d'un passif de "1 300 euros", Alain Solane, a souhaité qu'EDF "fasse un vrai effort de dialogue". "J'ai un salaire de 520 euros pour faire vivre ma famille et je dois payer 112 euros d'électricité par mois. On va me couper dans trois jours et pourtant je suis prêt à payer", a-t-il témoigné, expliquant qu'aucune de ses diverses démarches auprès des médiateurs d'EDF et des assistants sociaux pour trouver une solution n'a abouti. "Le Fonds de solidarité pour l'énergie m'a donné 56 euros et m'a dit : estimez-vous déjà heureux. Bon, ben, je vais bientôt devoir m'acheter un camping-gaz", a-t-il ironisé, amer. Le tribunal, saisi en référé (procédure d'urgence), devrait rendre sa décision avant la fin de la semaine. s
Édition du mercredi 3 novembre 2004 image
Abonnez-vous
à la newsletter

Quotidien   Hebdomadaire
Rechercher par dossiers
Retrouvez tous les articles depuis 2002 classés par rubriques

Organisation, Gestion Communale

Finances et fiscalités locales

Territoires

Environnement, développement durable

Urbanisme, Habitat, Logement

Action sociale, Emploi, Santé

Education jeunesse

Culture, Sports et loisirs

Europe International

Etat, Administration centrale, Elections

Juridique

Rechercher par calendrier
Retrouvez une édition par date :
Maires de France