Édition du Wednesday 18 juillet 2018


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Santé publique France dénombre 552 noyades en un mois, près de la moitié d'origine accidentelle

Entre le 1er juin et le 5 juillet, un peu plus de trois personnes sont mortes en moyenne chaque jour par noyade. Santé publique France a dévoilé, jeudi 12 juillet, les premiers résultats de son enquête sur les noyades. Celle-ci a pour objectif de recenser toutes les noyades suivies d'une prise en charge hospitalière ou d'un décès entre le 1er juin et le 30 septembre (car contrairement à une idée commune, la notion de « noyade » n'implique pas forcément un décès).
Au total, pas moins de 552 noyades (contre 332 à la même époque en 2015) ont été recensées par l’agence sanitaire en France métropolitaine et en outre-mer à partir des données recueillies par les secours intervenant auprès des noyés (Sdis, sapeurs-pompiers, marins-pompiers, SAMU-SMUR, gendarmerie, police, CRS sauveteurs, Croix-Rouge française…). 121, soit un peu plus d’une sur cinq (22 %), ont été suivies d’un décès (147 en 2015).

La moitié des noyades d’origine accidentelle
Dans le détail, près de la moitié des noyades (257 soit 46,6 %) sont d’origine accidentelle (contre 34 (6,1 %) noyades d’origine intentionnelle), et pourraient donc être évitées. Ces premiers résultats sont toutefois encore à relativiser : l’origine de 261 noyades, soit plus de 47 %, est encore à déterminer, précise Santé publique France.
Parmi les 257 noyades accidentelles (50 décès), 103 ont eu lieu en mer, 70 (27 %) en piscine, 36 (14 %) en cours d'eau, 23 (9 %) en plan d'eau et 12 (5 %) dans d'autres lieux (baignoires, bassins...). Si les moins de 6 ans sont les plus touchés par les noyades (67 contre 50 en 2015), « la proportion de noyades accidentelles suivie d’un décès augmente avec l’âge : elle est de 9 % chez les moins de 6 ans contre 37 % chez les 65 ans et plus ».
Sur les 50 décès par noyades accidentelles, la majorité (36 %) a eu lieu en mer, 32 % en cours d’eau et 12 % en plan d’eau. C’est pourquoi Santé publique France conseille fortement aux baigneurs de « choisir les zones de baignade surveillées, où l’intervention des équipes de secours est plus rapide ».

Signaler les dangers d’un lieu de baignade, même non aménagé, un impératif pour le maire
Les maires ont également un rôle à jouer pour assurer la sécurité des baigneurs. Un arrêt de la cour administrative d’appel de Bordeaux, rendu le 28 mai dernier, précise qu’il « incombe au maire d’une commune où sont situés des lieux de baignade qui, sans avoir été aménagés à cet effet, font l’objet d’une fréquentation régulière, notamment pour les sports nautiques tels que le surf, de prendre les mesures nécessaires pour signaler les dangers qui excèdent ceux contre lesquels les intéressés doivent normalement se prémunir, ainsi que pour assurer le sauvetage des baigneurs et des pratiquants en cas d’accident ». Le maire de la commune de Saint-Leu (La Réunion), qui avait signalé par un panneau « baignade interdite, site dangereux, accès à vos risques et périls » la dangerosité d’un site, n’a ainsi pas été tenu pour responsable d’un accident lié à une attaque de requin survenu sur le domaine public de la commune. Il est conseillé aux maires d’installer à proximité du lieu de baignade en question un moyen d’alerter un centre de secours et d’afficher les numéros d’urgence.

Mairie cherche maître-nageur sauveteur
Aucune noyade n’a heureusement été constatée dans une piscine municipale publique entre le 1er juin et le 5 juillet. Son ouverture est conditionnée à la présence de maîtres-nageurs au bord des bassins. Or, certaines communes ont parfois le plus grand mal à en recruter. C’est ainsi qu’en juillet 2017, le maire du Grand-Lucé (Sarthe) a, par exemple, été contraint de fermer la piscine municipale pendant les congés du maître-nageur sauveteur (MNS) titulaire faute de lui avoir trouvé un remplaçant. La situation était similaire dans les centres aquatiques de l’EPCI Caux-Vallée de Seine (Seine-Maritime). Selon le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, Éric Pauget, il manquerait 1 200 MNS en France.
Les MNS, essentiels dans l’apprentissage de la nage aux enfants, déplorent notamment la précarité de leur situation et la dévalorisation de leur diplôme. « Compte tenu d'un manque de MNS, les collectivités s'orientent aujourd'hui de plus en plus vers le recrutement, par dérogation [pour une durée de quatre mois maximum, ndlr], de titulaires du seul brevet national de surveillant sauvetage aquatique (BNSSA) qui peut être obtenu après une formation de quelques jours », écrivait la députée Cécile Rilhac dans une question écrite au ministère des Sports en décembre 2017. Et l'élue de poursuivre : « Malgré une formation longue et coûteuse à l'issue de laquelle les MNS peuvent obtenir le brevet professionnel de la jeunesse et de l'éducation populaire et du sport mention activités aquatiques et de la natation (BPJEPS AAN), bon nombre d'entre eux se retrouvent en situation professionnelle précaire et attendent des années avant de pouvoir être titularisés par des communes, employeurs majoritaires, sous conditions de réussir le concours d'éducateur territorial des activités physiques et sportives (ETAPS). »
L.G.
Télécharger l’enquête « Noyades 2018 » de Santé publique France
Télécharger le fascicule « Conseils pratiques : se baigner sans danger »
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