Édition du jeudi 22 février 2018


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Nièvre : des maires mettent leur démission dans la balance pour éviter la fermeture des urgences la nuit

C’est demain que les maires de la communauté de communes Haut Nivernais-Val d’Yonne, dans la Nièvre, devraient en savoir un peu plus sur le sort que l’agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté réserve au service d’urgences de nuit de l’hôpital de Clamecy. Un représentant de l’ARS est attendu en effet vendredi dans cette petite ville de la Nièvre pour y évoquer le projet régional de santé (PRS). Mais parce qu’ils craignent de voir une logique comptable décider du maintien ou non de ce service, les 25 maires de la communauté de communes ont décidé en conseil communautaire de mettre leur démission dans la balance, « pour peser sur la décision ». Ils devraient donc ainsi envoyer dès aujourd’hui au préfet une lettre indiquant qu’ils démissionneront de leur mandat de maire en cas de suppression de la ligne de garde de nuit de l’hôpital de Clamecy. « La fermeture n’est pas encore actée mais nous craignons une décision qui se baserait seulement sur des seuils d’activité », explique à Marie info la maire de Clamecy, Claudine Boisorieux. « Fermer la ligne de garde de nuit ferait courir un risque à la population qui serait alors obligée d’aller jusqu’à Auxerre ou Nevers », ajoute l’élue.
La mobilisation des élus contre la désertification médicale dans la Nièvre a reçu le « soutien actif » des sapeurs-pompiers volontaires qui refusent de suppléer à la suppression du service des urgences de nuit, des parlementaires du département, du président du conseil départemental et de la population appelée à se déplacer en masse demain devant l’hôpital de Clamecy.
Dans le département voisin de l’Yonne, la même menace pèse sur les urgences de nuit de l’hôpital de Tonnerre. Et là aussi, les élus se mobilisent pour le maintien du service. Exemple de cette mobilisation, le 8 février dernier, lors de l’assemblée générale de l’Association des maires de l’Yonne, où le président de l’association, Mahfoud Aomar, a lu le message du personnel de l’hôpital à l’ensemble des élus présents et au préfet « par solidarité ». « Dans l’Yonne, 30 classes vont fermer, et maintenant on parle de supprimer les urgences de nuit. Les élus craignent que l’on supprime ainsi un service après un autre, témoigne Mahfoud Aomar. Il y a un vrai mouvement de solidarité autour de l’hôpital de Tonnerre ». « Les urgences de nuit sont un service quasi vital pour l’attractivité de la ville », estime l’élu qui dénonce également la logique de rentabilité qui semble guider l’ARS pour réorganiser l’offre de soins dans la région. « Si on suivait cette logique, on ne construirait pas de cantines ou de crèches », ajoute le maire de Valravillon. Tonnerre, tout comme Clamecy font partie du même groupement hospitalier territorial (GHT) dont le site pilote est l’hôpital d’Auxerre. Lors de la mise en place des GHT, en 2016, l’AMF avait obtenu le principe de la mise en place de comités territoriaux des élus au sein des instances de ces groupements. Des comités cantonés cependant à l'usage « à un simple rôle d’évaluation », rappelle ce matin l'association. Un « regret » pour l'AMF pour qui un « établissement hospitalier n’est pas une entité indépendante mais un service vital ancré dans un territoire ».
Selon l’ARS, il manquerait 200 urgentistes dans les villes les plus importantes de Bourgogne-Franche-Comté et de nombreux élus craignent en conséquence que l’agence ne décide de fermer des services de moindre importance afin de mieux répartir les effectifs à l’échelle régionale. La réponse devrait être apportée dans le cadre du nouveau projet régional de santé, en consultation jusqu’au 6 mai prochain.
Les maires de Clamecy et des environs ne sont pas les seuls à mettre ainsi leur mandat dans la balance afin de se faire entendre. C’est ce que viennent de faire aussi 13 maires du Lot pour s’opposer à la fermeture de classes dans leur commune (lire Maire info du 15 février).
C.N.

Télécharger le projet régional de santé sur le site de l'ARS.

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