Édition du Jeudi 17 janvier 2019


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Désertification médicale : Jacqueline Gourault fait le point sur les mesures envisagées

Auditionnée hier par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, s’est assez longuement arrêtée sur la question de la lutte contre la désertification médicale, en donnant quelques pistes sur les réflexions du gouvernement.
Cette question – les échanges entre le président de la République et les maires de l’Eure, mardi à Grand-Bourgtheroulde, l’a une fois de plus montré – est au cœur des préoccupations des maires, pas seulement dans les territoires ruraux mais aussi dans les zones urbaines.
La ministre a été interrogée sur ce sujet par le député du Pas-de-Calais Laurent Pajot (RN), qui a rappelé que dans sa région un quart des médecins ont plus de 60 ans. « L’effectif médical ne cesse de diminuer », avec pour conséquence de « priver » certains habitants « de tout accès à un service de santé ». Dans certaines communes, a-t-il expliqué, il faut « une année pour obtenir un rendez-vous avec un ophtalmologiste ».
« C’est un axe majeur de l’action que j’entends mener dans mon ministère », a clairement répondu Jacqueline Gourault. La ministre a elle-même dit que cette question était revenue avec insistance lors de la réunion de la veille entre les maires de l’Eure et Emmanuel Macron. Premier constat de Jacqueline Gourault : « On ne fait pas d’implantation médicale sans médecins. Il y a de superbes maisons médicales qui ont été construites en France, mais il n’y a pas de médecins dedans. » D’où la décision du gouvernement de supprimer le numerus clausus qui diminue artificiellement le nombre de médecins. Il faudra néanmoins « du temps » (plusieurs années) pour que cette mesure ait des effets.
Jacqueline Gourault a reconnu que nombre de maires se disent favorables à une « obligation » pour les jeunes diplômés de venir exercer en début de carrière dans les territoires sous-dotés. Sans se prononcer sur cette hypothèse – ce qui est déjà une forme de réponse – la ministre a privilégié les solutions « incitatives ». Elle a pris l’exemple du département de la Saône-et-Loire, qui « embauche directement des médecins pour un contrat de trois ans, avec l’espoir qu’une fois passés les trois ans, les médecins vont rester ». Le gouvernement souhaite également la mise en place d’une « prime » à l’installation dans les territoires carencés.

Maisons de santé
Jacqueline Gourault a salué le succès grandissant « des maisons de santé pluri-professionnelles » : le nombre de patients qui y sont suivis a augmenté de « 27 % pendant la seule année 2018 ». Il y a selon elle 1 350 maisons et centres de santés recensés aujourd’hui.
Autre piste envisagée : « Le renforcement d’une politique de rapprochement du public et du privé. C’est très important et très utile : on doit permettre que certains médecins qui sont installés à l’hôpital puissent aller en libéral et vice-versa. » La ministre a également énuméré les différentes mesures engagées ou voulues par le gouvernement : développement de la télémédecine, communautés professionnelles de santé « pour décloisonner l’activité des médecins », déploiement de « 400 généralistes salariés en zones fragiles ».
Elle s’est également élevée contre l’attitude « un peu mercantile » de certains médecins « itinérants », pointant que la moyenne d’âge d’installation des médecins est aujourd’hui de 41 ans. « Il y a beaucoup de problèmes dans les petits hôpitaux ou les petites maternités, faute d’anesthésistes ou de gynécologues. Il y a des médecins qui tournent et qui sont payés grassement. Ça coûte très cher à l’hôpital, mais si on ne les prend pas, il n’y a plus personne pour faire tourner les services. »
Enfin, Jacqueline Gourault a dit espérer beaucoup, dans ce domaine, de la création de l’Agence nationale de cohésion des territoires (ANCT), qui devrait jouer un grand rôle pour « rassembler et fédérer les acteurs ».
Afin d’échanger sur ce sujet de préoccupation majeur pour les élus, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, participera à la commission santé de l’AMF prévue le 30 janvier après-midi. L'association rappelle sur ces sujets, ce matin, que « si les élus locaux sont attentifs à tout ce qui peut permettre, au niveau local, de maintenir ou d’encourager une présence médicale, ils sont demandeurs d’une véritable aide à l’ingénierie et de co-financements pérennes : ce rôle d’accompagnement devrait être davantage pris en charge par les ARS ».
F.L.
Accéder à l’audition de Jacqueline Gourault.

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