Édition du jeudi 23 avril 2026

Economie
Emmanuel Macron lance une nouvelle vague de « simplifications » pour relancer l'industrie
En déplacement hier dans l'Allier, Emmanuel Macron a présenté les actions du gouvernement pour « réindustrialiser » le pays. La ligne est claire : il faut « accélérer » et « simplifier ». Sans sacrifier la défense de l'environnement, affirme le chef de l'État – ce qui ne convainc pas tout le monde.

Au milieu d’une immense carrière à Échassières, dans l’Allier, entouré de quelques dizaines d’ouvriers et sous un immense drapeau tricolore accroché à une pelleteuse, Emmanuel Macron a présenté hier la stratégie du gouvernement pour réindustrialiser le pays. Il venait inaugurer la mine de lithium exploitée par l’entreprise Imerys, sur l’un de plus gros gisement mondial de cette matière première devenue vitale pour alimenter les batteries des voitures électriques ou des smartphones. 

150 projets industriels

Le chef de l’État et ses ministres avaient un axe : il faut accélérer les démarches en amont des projets industriels et agricoles, ce qui suppose de « simplifier » et de pouvoir déroger à un certain nombre de normes. C’est ce qui s’est passé ces dernières années pour la reconstruction de Notre-Dame-de-Paris ou pour le chantier des Jeux olympiques de 2024, et le président de la République l’affirme : « Rien ne justifie que nous soyons une nation qui sait faire en cinq ans la reconstruction de Notre-Dame-de-Paris et qui parfois met plus de cinq ans à faire un projet industriel ou un poulailler. » 

Cette métaphore de la reconstruction de Notre-Dame, comme c’est le cas depuis quelques mois, a été filée sans relâche. Le président de la République n’ayant pas tant d’exemples de projets réussis sur ses deux quinquennats, celui-ci est mis en avant en toute occasion. Ainsi, les 150 projets industriels que le gouvernement entend soutenir dès à présent deviennent « 150 cathédrales industrielles ». Ils seront bâtis grâce « à la méthode Notre-Dame-de-Paris », a continué le chef de l’État, qui n’est « pas compliquée » : « Un projet identifié, une chaîne de commandement claire, des gens à qui on rend compte et des délais records qu’on doit tenir ». La « chaîne de commandement » en la matière ne sera pas, comme ce fut le cas pour Notre-Dame, un général et ancien chef d’état-major des armées, mais les préfets, que le chef de l’État entend « pleinement mobiliser » sur ce dossier.

Un tissu industriel qui change en profondeur

Ces 150 projets industriels doivent être développés dans 63 départements et permettre la création de « 30 000 emplois », au prix d’un investissement de « 70 milliards d’euros », a détaillé Emmanuel Macron. Il s’agira de créations ou d’extensions de site, dans des domaines très variés, allant de l’aéronautique aux data centers en passant par la production de biocarburants, le « biorecyclage », les panneaux solaires, la production d’engrais, de drones, le traitement de terres rares, ou plus classiquement une usine d’abattage de volailles. 

Si le lancement de ces projets est évidemment une bonne nouvelle pour l’emploi et l’activité économique, il faut toutefois noter que le chiffre de créations d’emplois donné par le chef de l’État reste, en réalité, relativement modeste : 30 000 emplois pour 150 projets, cela représente une moyenne de 200 emplois par site. Cela semble une tendance lourde de ces dernières années : un certain nombre de sites industriels nouveaux sont créés, mais de taille modeste, ce qui ne permet pas d’équilibrer la balance en termes d’emplois avec la fermeture de sites qui, eux, employaient plusieurs milliers de salariés. Dernier exemple en date : on a appris la semaine dernière la fin de la production de voitures sur le site Stellantis (ex- Peugeot) de Poissy, dans les Yvelines, qui fait suite à la même annonce sur le site voisin de Renault-Flins. Ces deux sites, il y a quelques années encore, employaient à eux deux plus de 6 000 ouvriers, sans compter les milliers, voire les dizaines de milliers de salariés que comptent les usines sous-traitantes et les fournisseurs. 

Autrement dit, si la création de nouveaux sites permettra bien de régénérer en partie le tissu industriel du pays, il est probable que la structure même de ce tissu industriel va continuer à se transformer, avec la disparition progressive, mais continue, de la plupart des très grandes usines employant des milliers de salariés, au profit de structures beaucoup plus petites.

Nouveau régime contentieux

Reste à savoir comment « réduire les délais », « accélérer les procédures » et « simplifier », comme le veut le chef de l’État. Plusieurs chantiers de simplification sont en cours ou ont déjà abouti, a détaillé le chef de l’État : d’abord la loi de simplification de la vie économique, adoptée définitivement par le Parlement mi-avril, et qui attend maintenant l’aval du Conseil constitutionnel (lire Maire info d’hier). Ce texte contient notamment des mesures visant à faciliter l’implantation des data centers et élargit largement le périmètre des projets pouvant bénéficier de la RIIPM (raison impérative d’intérêt public majeur), ce qui permet de déroger à bon nombre de règles en matière de protection de l’environnement et de la biodiversité.

Autre chantier : la réduction de la durée de traitement des contentieux en matière d’environnement. Un décret a été publié hier à ce sujet, créant « un nouveau régime contentieux accéléré et unifié » dans plusieurs domaines : développement des énergies décarbonées, infrastructures de transports, opérations d'intérêt national et grandes opérations d'urbanisme, souveraineté économique et industrielle et souveraineté alimentaire. 
Le décret confie aux seules cours administratives d’appel le traitement des contentieux environnementaux dans ces domaines, et impose à celles-ci de statuer dans un délai de dix mois maximum. Ce décret, selon le gouvernement, pourrait faire gagner un an sur le traitement des procédures contentieuses.

Zones d’accélération industrielle

Le chef de l’État entend également agir sur le terrain du « foncier économique » : « Les maires le savent, a expliqué Emmanuel Macron, on a un foncier qui est disponible. Il nous faut réussir à bâtir des dispositifs clé en main pour les investisseurs. (…) Avec France foncier, on relance une grande stratégie pour non seulement identifier avec les élus, mais préparer ces terrains, (…) préparer l’administratif, regarder les raccordements… ». Le chef de l’État a annoncé le lancement d’un nouveau dispositif – sans en préciser très clairement les contours : les « zones d’accélération industrielle ». Ce dispositif va être élaboré sous la direction du ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, pour que ces zones puissent être déployées « avec les élus ». Il s’agit d’une idée lancée par l’Union européenne, en mars dernier, dans le cadre de la nouvelle législation sur l’accélération industrielle (« Industrial accelerator act » ou IAA). Selon le projet européen, les « zones d’accélération » seraient des périmètres dans lesquels les entreprises auraient accès à des procédures simplifiées pour obtenir des permis, accéder aux raccordements, etc. Il est à noter que le terme même de zones d’accélération industrielle (ZAI) vient… du Maroc, qui a créé depuis quelques années de telles zones pour attirer les investisseurs étrangers. Ce sont tout simplement des zones franches dans lesquelles les entreprises sont exonérées de toutes charges et impôts et d’à peu près toutes les contraintes et autorisations administratives. On imagine que le chef de l’État ne souhaite pas aller jusque-là, mais il faudra attendre que le projet se concrétise pour en savoir plus. 

L’agriculture également concernée

Emmanuel Macron a précisé hier que le « combat jumeau » de celui qui sera mené sur l’industrie est celui de l’agriculture, avec l’ambition là encore « d'identifier toutes les simplifications, les accélérations de projets, les changements qu'il faut porter ». « Plusieurs centaines de projets agricoles » vont être soutenus, et la réglementation va évoluer pour « accélérer massivement », avec des « changements de seuils » et le passage « d’une logique d’autorisation à une simple logique d’enregistrement » pour un certain nombre d’élevages. 

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, également présente hier, a elle aussi repris l’image de Notre-Dame : « Si nous pouvons reconstruire Notre-Dame en cinq ans, nous devons pouvoir construire des poulaillers en moins de temps ! ». Elle a détaillé les principales mesures du projet de loi d’urgence agricole, qui devrait être examiné à l’Assemblée nationale le mois prochain, et qui répond à de nombreuses demandes des syndicats agricoles, notamment sur l’assouplissement des procédures ICPE pour les élevages de volailles ou celui des mesures de compensation écologiques. Une expression utilisée hier par la ministre en dit long sur sa vision : se félicitant du remplacement du débat public par des permanences en mairie, pour un certain nombre de projets, Annie Genevard a déclaré que cela éviterait « l’hystérie des réunions publiques »

Toutes ces mesures, en matière industrielle comme agricole, signent-elles un recul des préoccupations environnementales ? Beaucoup le craignent du côté des défenseurs de l’environnement : moins de débat public, des régimes d’autorisation affaiblis, d’innombrables dérogations, des projets qui n’entreront plus dans le ZAN… le développement économique se fera-t-il au détriment de l’écologie et de la biodiversité ? Le chef de l’État, en tout cas, affirme que non. « On ne réduit pas l'ambition environnementale ou de biodiversité, a-t-il affirmé, simplement, on remet du bon sens, on parallélise tout ça, et on réduit massivement les délais. »

Cette déclaration risque, cependant, de se heurter au principe de réalité compte tenu de la situation politique et du délai qui separe le président de la République de la fin de son mandat. Alors que la campagne présidentielle va s'engager, ses annonces laissent dubitatif et pourraient acoucher d'une souris. A l'instar de ce qu'il s'est passé avec la décentralisation.




Finances locales
Déficit public : selon le gouvernement, les collectivités devraient être quasiment à l'équilibre en 2026
Malgré les conséquences du conflit au Moyen-Orient, le gouvernement estime que les collectivités auront un besoin de financement d'à peine 0,1 % en 2026. Une diminution par rapport à l'an passé qui serait notamment due à un ralentissement de leurs dépenses. Des prévisions jugées « plausibles » par le Haut Conseil des finances publiques, au moment où l'exécutif leur demande de « stopper des dépenses ».

Les collectivités locales devraient à peine contribuer au déficit public cette année. C’est ce que prévoit le gouvernement dans son rapport d'avancement annuel (RAA) afin de retrouver un déficit sous les 3% de produit intérieur brut (PIB) d'ici à 2029. Présenté hier en Conseil des ministres, ce document indique ainsi que le solde des collectivités locales s’établirait à « - 0,1 % du PIB ». Il s'expliquerait par le ralentissement de leurs dépenses, selon l'exécutif.

Une publication qui arrive au lendemain de la réunion d’un « comité d'alerte » visant à faire le point sur les impacts de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques et à la sortie duquel le gouvernement a annoncé la probable diminution des dépenses de 6 milliards d'euros supplémentaires dès cette année. Outre l’Etat et la Sécurité sociale qui sont directement visés, les collectivités ont, elles aussi, été appelé, de manière encore très évasive, à « stopper des dépenses ».

Dilico et cycle électoral

Si l’exécutif a décidé de mettre en place des mesures de soutien ciblées aux automobilistes (ainsi qu’aux agriculteurs, pêcheurs et transporteurs) pour faire face à la hausse des prix de l’énergie et des intrants agricoles, il a maintenu sa prévision de déficit public de 5 % du PIB pour 2026 (après deux années à 5,1 % en 2025 et 5,8 % en 2024) afin de rester « engagé à un retour du déficit sous 3% du PIB à horizon 2029 ». Il a, toutefois, abaissé sa prévision de croissance pour cette année de 0,1 point, à 0,9 %, et augmenté sa prévision d'inflation, de 1,3 % à 1,9 %.

Dans ce contexte, le gouvernement prévoit que les collectivités réduiront leur besoin de financement en 2026. « Le solde des collectivités locales s’établirait notamment à -0,1 % du PIB » après - 0,3 % en 2025 et - 0,4 % du PIB en 2024, indique le rapport consacré à la trajectoire des finances publiques. 

Cette baisse du besoin de financement s’expliquerait par « la modération des dépenses » des collectivités qui ralentiraient par rapport à 2025. En cause, la « reconduction » du Dilico pour les intercommunalités, départements et régions qui leur impose une épargne forcée, ainsi que « la situation financière de certaines collectivités, notamment les départements », affirme l’exécutif. 

Dans le détail, si les dépenses de fonctionnement des collectivités (+2,2 %) seraient « plus dynamiques » qu’en 2025 « en raison notamment de la hausse de l’inflation (+1,9 % après +0,9 % en 2025) », l’investissement local se replierait, « comme habituellement en année électorale municipale (- 3,1 %) ». Au total, la dépense progresserait de 0,8 % en 2026 et ralentirait donc par rapport à l’an passé (+1,3 %). 

Des « risques » liés à l’inflation

En parallèle, on peut noter qu’en 2026 le solde des administrations de Sécurité sociale (Asso) s’améliorerait pour atteindre l’équilibre, alors que celui des administrations publiques centrales (Apuc) se dégraderait à - 4,6 %. En cause notamment, la « dégradation du solde de l’État (...) sous l’effet de la hausse de la charge de la dette » et de « l’effort réalisé sur les crédits de défense », détaille le rapport. Sans ces deux points, « le solde de l'État s’améliorerait de +0,3 % de PIB », précise ce document clé pour le suivi des engagements européens de la France sur le plan budgétaire et économique. 

Dans la foulée, le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a publié un avis dans lequel il estime que le nouveau scénario macroéconomique retenu par le gouvernement pour 2026 était globalement « cohérent », bien qu'il restait soumis à « un aléa majeur » en fonction de l'évolution de la guerre au Moyen-Orient. 

S’agissant des finances locales, l’instance indépendante placée auprès de la Cour des Comptes s’est montrée légèrement plus nuancée. Bien que les prévisions gouvernementales soient considérées comme « plausibles » (« l'évolution des dépenses de fonctionnement serait proche des évolutions passées constatées » et « celle sur l'investissement s'explique par le repli traditionnellement observé de l'investissement des communes après les élections municipales »), elle pointe « les risques de hausses de dépenses liées à l'inflation, l'absence de frein significatif sur les recettes et les profils atypiques de dépenses locales observés ces dernières années [qui] sont une source d'incertitude ».

On peut, par ailleurs, souligner que le gouvernement assure vouloir rester « déterminé à dégager des économies grâce aux revues de dépenses », tout en proposant toujours des « rapprochements ou des fusions d’agences » ainsi qu’une « simplification administrative » afin « d’alléger le poids des normes pesant sur les collectivités territoriales ». Via le « méga-decret » et le projet de loi dédiés.

« Depuis début 2025, le gouvernement a commandé 13 revues de dépenses réparties en trois vagues qui représentent un total d’une centaine de mesures d’économies », rappelle-t-il, alors que le Comité des finances locales réclame, de son côté, depuis deux ans, une revue de recettes des collectivités car « débattre des dépenses sans débattre des recettes est un exercice à sens unique qui reste un peu vain », expliquait encore l’an passé son président, André Laignel. 

On peut, enfin, rappeler que les associations d'élus avaient largement critiqué le budget pour 2026, l'AMF ayant notamment fustigé « des prélèvements forcés ou des privations de recettes, sans que pour autant aucun redressement des comptes publics ne soit [jamais] constaté ». Une « erreur » qui risque d’« aggraver le risque récessif sur l’économie », selon elle.

Consulter le rapport.




Santé publique
Tri des déchets ménagers : les salariés exposés à des risques sanitaires importants, selon l'Anses
L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) publie un nouvel avis dans lequel elle alerte sur les dangers sanitaires auxquels sont exposés les personnels des centres de tri des déchets ménagers. Exposition à des micro-organismes ou substances toxiques et conditions de travail difficiles : l'Anses formule des propositions pour améliorer la prévention.

Les conclusions du rapport de l’Anses publié hier sont préoccupantes pour les personnels des centres de tri des déchets ménagers. Ces derniers sont exposés quotidiennement à des risques biologiques, chimiques ou physiques dans les centres de tri, où les déchets sont manipulés manuellement ou mécaniquement.

L’enjeu est important, notamment pour les collectivités qui veillent à la fois à la santé et à la sécurité des agents et à la qualité du service public des déchets. D’autant que l’Anses précise que « les déchets destinés au tri, recyclage, compostage et méthanisation devraient significativement augmenter et le nombre et/ou les capacités des installations territoriales (déchetteries) et industrielles correspondantes devraient croître ». 

Risques biologiques et conditions de travail difficiles 

Dans cette étude, qui s’intéresse particulièrement à l’étape de tri sélectif, les chercheurs constatent que cette activité expose les agents à plusieurs types de risques, dont les risques biologiques sont les plus importants. Ces expositions proviennent de micro-organismes (bactéries, virus, champignons) présents dans les déchets, notamment lorsqu’ils sont organiques ou souillés. Elles se produisent surtout par inhalation de bioaérosols ou par contact, et peuvent entraîner des troubles respiratoires, ORL ou des symptômes de type grippal, même si certains effets restent encore mal identifiés comme le précise l’Anses. 

Ces résidus biologiques dangereux sont présents car « les contenants alimentaires apportent des résidus de nourriture qui permettent, particulièrement en conditions chaudes et humides, la prolifération de micro-organismes ». « Ceci est d’autant plus le cas que les déchets ne sont pas toujours traités rapidement, insistent les acteurs, ils sont d’abord stockés dans les poubelles des particuliers, puis à nouveau lorsqu’ils arrivent dans les centres de tri. »  

L’Anses insiste également sur le fait que l’exposition aux risques biologiques « pourrait augmenter avec le dérèglement climatique et la hausse des températures qui favorise le développement des micro-organismes » et que par ailleurs les agents des centres de tri sont « plus exposés que la population générale aux maladies transmissibles par les rats, attirés par les centres de tri. »

D’autres risques ont été identifiés par les chercheurs d’ordre chimique : la présence de produits ménagers, solvants ou substances issues de la dégradation des déchets peut en effet entraîner des irritations ou des expositions directes à des substances potentiellement toxiques. L’Anses observe également que des explosions et des départs de feu surviennent également régulièrement dans les centres de tri « à cause de batteries au lithium, de bonbonnes d’aérosols ou de cartouches de protoxyde d’azote », un sujet que les maires ne connaissent que trop bien. 

Enfin, les auteurs du rapport décrivent des « conditions de travail contraignantes » dans des centres de tri avec des contraintes de rythme très fortes. L’Anses observe aussi que « la mécanisation du tri induit un besoin croissant de polyvalence de la part des travailleurs » qui peuvent ainsi « être amenés à réaliser des activités de maintenance et de nettoyage des machines, ce qui s’accompagne de risques nouveaux et spécifiques. »

Plus largement, la manutention, les gestes répétitifs, les conditions de travail difficiles (bruit, climat, horaires), ainsi que les risques d’accidents (coupures, piqûres) sont des facteurs qui peuvent avoir des conséquences sur la santé des travailleurs dans les centres de tri, même s’il est difficile d’obtenir aujourd’hui des données sur la santé de ces travailleurs en France. 

Des pistes pour les collectivités 

« Chacun d’entre nous peut contribuer à protéger leur santé », insiste l’Anses qui interpelle les collectivités qui sont en première ligne dans la gestion des déchets qui est un enjeu de santé publique locale.

L’Anses recommande d’abord de « limiter le temps de stockage des déchets et de traiter en priorité ceux arrivés en premier » et rappelle « aux collectivités en charge de la collecte des ordures que la diminution de la fréquence des collectes augmente le risque de développement des micro-organismes, particulièrement en été ». 

Les auteurs du rapport insistent aussi sur le volet communication et sensibilisation : « Un meilleur tri à la source c’est aussi moins de risques pour les travailleurs », résument les auteurs. L’Anses recommande ainsi au ministère en charge de l’Environnement, à l’Ademe, aux syndicats de traitement des déchets et aux collectivités territoriales d’organiser des campagnes de communication et de sensibilisation régulières à l’attention de la population sur de bons gestes à adopter comme « vider les emballages (sans les rincer) afin de limiter la présence de matière biodégradable ». Il est aussi primordial de rappeler régulièrement « que les poubelles de tri sélectif ne sont pas destinées à recevoir n’importe quelle catégorie de déchets » et de « faciliter l’accès aux informations sur les types de déchets acceptés dans les différentes poubelles. »

Le rapport de l’Anses indique enfin que les collectivités disposent d’un levier important via la commande publique pour mieux prévenir les risques sanitaires. L’agence recommande notamment d’intégrer des exigences sanitaires dans les marchés publics en formalisant des obligations comme la mise à disposition d’équipements de protection individuelle adaptés ou la mise en place de formation pour les agents. Le but à terme est de mieux encadrer les pratiques dans un contexte où les niveaux de prévention apparaissent hétérogènes et où les connaissances en matière de risques restent encore incomplètes.

Consulter le rapport. 




Sécurité
Une augmentation de 17 % des infractions pour outrage sexiste et sexuel constatée en 2025
Selon les derniers chiffres publiés par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré 3 900 infractions pour outrage sexiste ou sexuel en 2025. Plus fréquentes dans les grandes villes, ces infractions ont le plus souvent lieu dans les transports en commun.

Sur la seule année 2025, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré 3 900 infractions pour outrage sexiste ou sexuel. C’est ce que pointe la dernière publication du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), dont les auteurs rappellent au passage que ces chiffres sous-estiment largement la réalité, car les faits sont rarement signalés.

Insultes, propos déplacés, gestes obscènes, harcèlement de rue, contacts physiques non consentis : les victimes sont en grande majorité des femmes (90 %). « Les contraventions concernent principalement les 18-29 ans représentant 41 % des victimes, suivis des 30-44 ans (30 %). À l’inverse, les délits touchent davantage les plus jeunes : les moins de 18 ans concentrent 36 % des victimes, devant les 18-29 ans (35 %). Les moins de 15 ans, dont l’âge constitue une circonstance aggravante, représentent 16 % des victimes de délits ». 

Si le nombre d’infractions de ce type avait baissé en 2024 – supposément à cause de l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) qui a « pu contribuer à limiter l’action des forces de sécurité intérieure » en la matière – elles ont augmenté de 17 % en 2025. « Au total, sur la période 2019-2025, elles ont progressé de 27 % en moyenne par an », peut-on lire dans le rapport. 

Répartition géographique hétérogène et transports en commun 

Les outrages sexistes et sexuels sont majoritairement constatés dans les grandes agglomérations. L’agglomération parisienne atteint par exemple 8,5 infractions pour 100 000 habitants, contre environ 3,2 en zone rurale.

Des écarts existent également entre régions : par exemple 10 infractions pour 100 000 habitants ont été enregistrées dans le Centre-Val de Loire et 8 pour 100 000 habitants en Île-de-France. La moyenne nationale se situe autour de 6 infractions pour 100 000 habitants. 

À l’échelle départementale, les taux sont aussi hétérogènes avec des départements où les taux enregistrés sont élevés comme « le Loiret avec 29 infractions pour 100 000 habitants en 2025 et Paris avec 23 infractions ». À l’inverse, plusieurs territoires, notamment en Corse ou outre-mer, présentent des taux faibles, parfois inférieurs à 3.

Les services de sécurité précisent que « ces niveaux ne traduisent pas nécessairement un phénomène plus marqué sur ces territoires » mais peuvent « refléter une volonté locale dans le cadre de la lutte contre ces comportements, portée à la fois par les forces de sécurité intérieure et par les parquets. » « Dans le cadre du Loiret, cela passe par la mobilisation en complément d’autres qualifications pénales de l’infraction d’outrage sexiste et sexuel (« infraction connexe »). »

On retrouve cependant un dénominateur commun à ces infractions sexistes et sexuelles. En effet, sur le périmètre restreint de la police nationale, « 14 % des outrages sexistes et sexuels enregistrés en 2025 ont été commis dans les transports en commun (métro, bus, tramway, train, autocar), soit environ 200 infractions ». 

Rappelons qu’en dehors des infractions pour outrage, en 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été recensées. Alors que l’on incite les citoyens à emprunter plus systématiquement les transports en commun lorsque c’est possible, « les transports doivent rester des espaces où règnent la confiance et la liberté de se déplacer en toute sécurité », estime l’Union des transports publics, qui a mis à jour un guide pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports (lire Maire info du 16 mars). Pour ce faire, « tous les acteurs doivent être réunis : les opérateurs de transport, les autorités organisatrices de la mobilité, les associations, les pouvoirs publics ». 




Santé publique
PFAS : le ministère de la Santé présente des « gestes simples » qui permettent de « réduire son exposition personnelle »
S'il n'existe pas de traitement pour éliminer les « polluants éternels » ou PFAS présents dans l'alimentation, l'eau, les sols et l'air, objets de préoccupations croissantes pour la santé, « des gestes simples » peuvent réduire l'exposition personnelle, selon une documentation diffusée mercredi par le ministère de la Santé.

« Très persistantes », ces « substances chimiques nombreuses » – notamment PFOA, PFOS, PFHxS, PFNA, pour lesquelles « il existe des preuves sanitaires solides » d'effets sur la santé-, sont omniprésentes dans l'environnement, les aliments et les produits du quotidien, indique la direction générale de la Santé dans une fiche destinée aux professionnels de santé.

Si « toute la population est exposée » à cette vaste famille de polluants, certains peuvent être surexposés: les travailleurs de l'industrie fabriquant des PFAS ou manipulant des produits les contenant, les habitants de zones de « contamination plus marquée ». Différents facteurs, notamment le niveau d'exposition, peuvent en effet faire varier fortement le risque sanitaire.  

Des mesures pour les professionnels et particuliers 

Invitant les professionnels de santé à se montrer plus vigilants avec ces catégories ainsi qu'avec les femmes enceintes, ou allaitantes, et les nourrissons, particulièrement vulnérables, le ministère de la Santé préconise de « réduire (son) exposition personnelle par quelques gestes simples ».

Le ministère recommande ainsi, dans des documents à destination du grand public également diffusés mercredi, de varier son alimentation -en mangeant de saison, bio si possible, cuisiné maison- et de boire de préférence de l'eau du robinet, soumise à des contrôles - « en cas de non-conformité », « des restrictions d'usage peuvent être mises en place ».

A la maison, il convient de limiter l'usage des emballages résistants à l'eau et aux graisses, d'éviter poêles antiadhésives, bouilloires et contenants en plastique, « surtout usés », pour privilégier le verre, l'inox et la fonte, et de ne pas chauffer les aliments dans du plastique. Il est aussi conseillé d'aérer les pièces dix minutes par jour, de faire des lavages humides des sols, avec des produits d'entretien simples (savon noir, vinaigre…), de limiter l'usage des textiles traités et des produits antitaches ou imperméabilisants. Le ministère incite aussi à limiter l'usage des cosmétiques résistants à l'eau (« waterproof ») ou « longue tenue » pour privilégier les produits « simples » et labellisés « bio », les vêtements en fibres naturelles, de seconde main ou de marques n'utilisant pas de PFAS.

Ces PFAS, pour substances per- et polyfluoroalkylées, « peuvent avoir des effets délétères sur la santé humaine: augmentation du taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement du fœtus, etc », rappellent ces documents.






Journal Officiel du jeudi 23 avril 2026

Ministère de l'Intérieur
Décret du 22 avril 2026 portant nomination du préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Est, préfet du Rhône - M. GUYOT (Etienne)
Ministère de l'Intérieur
Décret du 22 avril 2026 portant nomination de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, préfète de la Gironde - Mme BROCAS (Sophie)
Ministère de l'Intérieur
Décret du 22 avril 2026 portant nomination du préfet de la région Centre-Val de Loire, préfet du Loiret - M. MOUTOUH (Hugues)
Ministère de l'Intérieur
Décret du 22 avril 2026 portant nomination du préfet de Mayotte - M. POISOT (Frédéric)
Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
Arrêté du 3 avril 2026 fixant la typologie de haies utilisée pour l'application du régime unique de la haie

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