Édition du mercredi 25 mars 2026

Crise énergétique
Prix de l'énergie : le gouvernement reconnaît la gravité de la crise mais dit n'avoir pas les moyens d'agir
Entre la séance de questions au gouvernement et l'audition du ministre de l'Économie, Roland Lescure, par la commission des finances, la crise de l'énergie a été au centre des travaux de l'Assemblée nationale, hier. Le ministre a reconnu que la crise serait « durable », mais le gouvernement semble n'avoir guère de moyens d'agir.

Une douzaine de questions posées par des députés au gouvernement, et une audition du ministre Roland Lescure par la commission des finances, demandée en urgence par le président de celle-ci. Les débats à l’Assemblée nationale, hier, ont reflété les inquiétudes des citoyens, des entreprises et des collectivités face à des prix de l’énergie qui flambent à nouveau – et de façon inédite. En une semaine, le prix moyen à la pompe du litre de gasoil a augmenté de 12,5 centimes – et de 51 centimes (+ 30 %) en un mois ! Concrètement, sur un plein de 60 litres, cela représente en un seul mois une hausse de 30 euros.

La perspective d’une crise « systémique »

Le gouvernement, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, était sur une ligne plutôt optimiste : cette crise ne serait pas durable et les choses allaient revenir dans l’ordre en quelques semaines. Mais hier, devant la commission des finances, le ministre Roland Lescure s’est montré beaucoup plus sombre : « L’hypothèse d’une crise passagère dont les conséquences s’effaceraient avec la fin des bombardements n’est malheureusement plus d’actualité. » Le problème n’est en effet plus seulement le blocage du détroit d’Ormuz, qui affecte le transport du gaz et du pétrole, mais la destruction partielle ou totale des infrastructures de production dans les monarchies du Golfe, qui affecte « 30 à 40 % des capacités de raffinage du Golfe ». « Certaines installations sont à l’arrêt, d’autres sont détruites, a détaillé le ministre, et cela demandera du temps pour les rétablir. Pour les installations à l’arrêt, quelques semaines ou quelques mois. Pour celles qui sont détruites, notamment au Qatar, plusieurs années. » 

On assiste donc à une brutale « contraction » de l’offre de gaz et de pétrole qui s’est traduite par « une hausse de 60 % du prix du pétrole et 70 % du prix du gaz » depuis le début du conflit. Et le ministre a lâché le mot que le gouvernement refuse de prononcer depuis le 28 février : « Cette situation constitue un nouveau choc pétrolier. » Si cette situation perdure « au-delà de quelques semaines », elle deviendra « de nature plus systémique ». 

La perspective du déblocage du détroit d’Ormuz – qui n’est du reste pas à l’ordre du jour – ne suffira donc pas à résoudre la crise, du fait des destructions des installations de production et de raffinage. Le pays – et le monde – doit s’attendre à une crise énergétique qui va s’installer dans la durée.

Baisse des taxes ou contrôle des prix

Un peu plus tôt dans l’après-midi d’hier, de nombreux députés ont interpellé le gouvernement sur cette situation pour demander, sous une forme ou sous une autre, le déblocage d’aides directes tant pour les professionnels et les collectivités que pour les particuliers. Face à ces interpellations, c’est la ministre chargé de l’Énergie qui a lancé ce qui ressemble à un cri du cœur résumant toute la difficulté de la situation, pour le gouvernement : « J’entends la demande d’aides, mais où prend-on l’argent ? ».

Les députés, selon leur couleur politique, ont des demandes différentes. Côté extrême droite, les députés RN et ciottistes demandent une « baisse des taxes » sur les carburants, affirmant même que l’État « s’enrichit » sur le dos des consommateurs et des entreprises, puisque le produit des taxes augmente mécaniquement en même temps que le prix du litre.

Cette idée a été vivement combattue par Roland Lescure et Maud Bregeon. « Jamais l’État ne s’est enrichi à l’occasion d’une crise ! », a martelé la ministre chargée de l’Énergie, parce que les crises ont un impact négatif sur la croissance et les comptes sociaux. Le gouvernement se refuse donc à toute baisse des taxes sur les carburants qui, de toute façon, « ne feraient pas revenir les 20 % de pétrole en moins » qui manquent sur les marchés, a complété Roland Lescure. 

À gauche, ce n’est pas la baisse des taxes qui est réclamée mais le blocage des prix des carburants. Plusieurs députés ont rappelé que cette solution a récemment été mise en œuvre dans des situations de crise grave, comme sur le prix du gel hydroalcoolique pendant le covid-19 ou encore celui des bouteilles d’eau minérale à Mayotte, après le cyclone Chido, pour éviter les phénomènes de spéculation. 

Cette solution n’est pas non plus retenue par le gouvernement : Maud Bregeon a répondu laconiquement que « ne vous en déplaise, nous ne sommes pas dans une économie administrée » – ce qui a provoqué l’agacement des députés de gauche, qui ont rappelé que les prix du tabac ou même des logements sont en partie « réglementés ». 

La ministre a répondu aux critiques de la gauche accusant le gouvernement de « protéger les marges des distributeurs » en rappelant que l’exécutif « suit l’évolution des marges afin de s’assurer qu’il n’y a pas d’augmentation indue ». Argument peu convaincant, dans la mesure où les prix des carburants étant libres, la notion même d’augmentation « indue » n’a pas grand sens. 

« Pas d’argent magique »

Fondamentalement, le gouvernement reconnaît qu’il n’a pas de solution, en dehors de celle d’espérer une résolution rapide de la crise. Maud Bregeon l’a clairement expliqué : « On ne peut pas aggraver significativement le déficit par des baisses de taxes, par des chèques et par des aides qui coûteraient des milliards d’euros aux finances publiques. Ce qu’on injecterait dans les aides ponctuelles que vous appelez de vos vœux serait in fine payé par les contribuables : il n’y a pas d’argent magique. » 

Face aux députés qui ont souligné que d’autres pays d’Europe – l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, la Croatie – ont déjà pris des mesures, qu’il s’agisse de baisse des taxes ou de blocage des prix, les ministres n’ont pas reculé. « L’Italie prend (l’argent) dans les transports et la sécurité, s’est exclamée Maud Bregeon. Est-ce votre proposition ? »

Le gouvernement s’en tiendra donc, pour l’instant, aux mesures annoncées avant-hier et hier, à savoir non des aides directes mais des facilités de trésorerie pour les professionnels de la pêche, du transport et de l’agriculture. 

Cette position s’inscrira-t-elle dans la durée, dans la mesure où Roland Lescure lui-même a reconnu que la perspective d’une crise brève n’était « plus d'actualité » ? Quelles seront les conséquences de cette crise sur le pouvoir d’achat des ménages, sur les comptes des entreprises, sur les dépenses des collectivités ? Nul n’est en mesure de le dire aujourd’hui, mais il est probable que le gouvernement devra, tôt ou tard, sortir d’une posture certes vertueuse sur le plan budgétaire, mais sans doute intenable dans le temps. 




Santé publique
Un rapport alarmant de l'Anses pointe une surexposition au cadmium en France, via l'alimentation
L'Anses publie ce matin une étude inquiétante sur « l'imprégnation » de la population française par le cadmium, absorbé essentiellement par la voie alimentaire. Il s'agirait d'une des nombreuses conséquences de l'usage massif des engrais phosphatés dans l'agriculture. L'Anses recommande une diminution de la consommation de produits à base de céréales. 

« Il y a urgence à agir. » C’est la conclusion que tire l’Anses (l’Agence nationale de sécurité sanitaire) de l’étude de plus de 400 pages qu’elle a rendue publique ce matin. Il apparaît en effet que près de la moitié des adultes (47 %) ont dans leur organisme des taux de cadmium supérieurs aux seuils critiques – et un enfant sur cinq.

Des seuils trop élevés

Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans l’environnement, en particulier dans les roches. Il est  classé « cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction », rappelle l’Anses. La surexposition au cadmium est susceptible de provoquer des cancers du poumon, du pancréas, de la vessie et du sein, mais aussi des insuffisances rénales et de l’ostéoporose. 

Cela fait plusieurs années que l’Anses alerte sur une augmentation de la présence de cadmium dans l’organisme des Français et demande une diminution drastique des seuils autorisés de ce métal dans les engrais phosphatés : elle réclame, depuis 2019, que la quantité de cadmium par kilogramme de pentoxyde de phospore (le principal ingrédient des engrais phosphatés) soit réduite à 20 mg. En vain : la réglementation française autorise toujours des taux jusqu’à 90 mg/kg. 

L’Agence constate, sans surprise, que la part de la population dont l’organisme dépasse les seuils critiques de cadmium est en augmentation constante : elle atteint aujourd’hui 47,6 % des adultes de 18 à 60 ans. 

Contamination par les engrais

L’Agence a cherché à comprendre quelle est la source principale de l’exposition au cadmium. Ce métal est en effet présent partout, et l’exposition est donc « multifactorielle » : les fumeurs sont particulièrement exposés – le tabac étant très riche en cadmium, mais cette particule est également présente dans certains cosmétiques, dans les rejets de certaines industries, dans les particules produites par les automobiles, dans la désagrégation des pneumatiques sur le bitume… Mais de manière indiscutable, selon l’Anses, c’est bien l’alimentation qui est, et de très loin, la principale source d’exposition à ce poison. 

Pour comprendre le phénomène, il faut remonter à la source : les engrais phosphatés sont produits à partir de phosphate naturel extrait de la roche. Selon les pays, les roches à partir desquelles est extrait le phosphate est plus ou moins riche en cadmium. Or la France importe l’essentiel de ses engrais des pays d’Afrique du nord, notamment le Maroc (qui possède 70 % des réserves mondiales de roches phosphatées), où les roches sont très riches en cadmium. 

Ces engrais sont ensuite diffusés dans les champs. Le cadmium pénètre les plantes par la racine – en particulier les céréales – et les contamine. Tous les engrais, détaille l’Anses, présentent des taux plus ou moins importants de cadmium, qu’il s’agisse des engrais phosphatés, des effluents d’élevage ou des boues et composts. 

Le cadmium présent dans les plantes (céréales et riz notamment, mais aussi les pommes de terre) se retrouve ensuite dans les produits transformés notamment à partir du blé : pain, pâtes, viennoiseries, céréales du petit déjeuner, biscuits… c’est-à-dire les produits les plus couramment consommés. 

Pire : le fait de consommer « bio » ne protège pas de cette exposition au cadmium, puisque les engrais phosphatés, issus de roches broyées, ne sont pas interdits en agriculture bio dans la mesure où ce sont des produits considérés comme « naturels ». 

Agir sur l’exposition et la consommation

L’Anses demande donc que des actions soient menées pour réduire drastiquement l’exposition au cadmium, qui pourrait se transformer en « bombe sanitaire » – certains experts se demandent déjà si ce métal pourrait être en cause dans l’augmentation préoccupante, constatée ces dernières années, des cancers du pancréas. 

La mesure la plus urgente, selon l’Agence, serait de baisser les seuils autorisés dans les matières fertilisantes, quitte à diversifier les sources d’importation. Il est également possible de privilégier les engrais phosphatés passés par un processus de « décadmiation », un traitement chimique qui réduit la teneur en cadmium des engrais. Mais ce processus a un coût : il renchérit chaque tonne de pentoxyde de phosphore d’environ 100 dollars, selon plusieurs études, ce qui représenterait, pour les agriculteurs, un surcoût d’environ 2 euros par hectare. Ce coût ne paraît pas exorbitant : dans la mesure où la surface agricole utile, en France, est d’environ 26 millions d’hectares, l’usage d’engrais « décadmiés » représenterait pour l’ensemble des agriculteurs un surcoût de seulement 52 millions d’euros. 

En attendant que de telles mesures soient prises pour l’imiter l’exposition, l’Anses en appelle aux consommateurs. Et leur propose, tout simplement, de réduire leur consommation de produits à base de blé (céréales, gâteaux, biscuits) ainsi que de pâtes et de pommes de terre. Mais l’ensemble de ces produits constituant la base de l’alimentation de nombreux ménages – en particulier les plus modestes – il n’est pas sûr que cette recommandation puisse être suivie d’effets. 

Il est à espérer que ce rapport, alarmant, incite l’État à prendre rapidement les mesures demandées par l’Anses depuis plusieurs années, dont le coût serait certainement très inférieur à celui d’une augmentation importante, dans les années à venir, des cancers. 




Finances locales
Finances locales : les départements dotés d'une métropole dépensent, par habitant, moins que les autres 
Tant en fonctionnement qu'en investissement, ces départements présentent des dépenses et des recettes par habitant plus faibles que celles des départements dépourvus d'une métropole sur leur territoire. Plus peuplés, plus jeunes et plus exposés aux inégalités sociales, « ces départements présentent des spécificités qui se reflètent dans leur situation financière », selon une étude de la DGCL.

Quelles différences de structures financières y a-t-il entre les départements dotés d’une métropole et ceux qui en sont dépourvus ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre la Direction générale des collectivités locales (DGCL) dans son dernier bulletin d’information statistique, publié hier.

Les 25 départements qui regroupent 22 métropoles (une différence qui s’explique par le fait que les départements de Paris et de la petite couronne sont considérés comme des départements avec métropole, celle du Grand Paris) affichent ainsi des volumes budgétaires par habitant inférieurs à ceux des départements sans métropole. Tant pour les dépenses que pour les recettes, tant en fonctionnement qu’en investissement.

« Généralement plus peuplés, plus jeunes et plus exposés aux inégalités sociales, ces départements présentent des spécificités qui se reflètent dans leur situation financière », expliquent les auteurs de l’étude qui observent que leurs dépenses de fonctionnement par habitant (1 013 euros par habitant en 2024) sont inférieures de 6,8 % à celles des départements sans métropole (1 087 euros par habitant), et de 10,6 % en matière de recettes. S’agissant des investissements, les écarts sont même encore plus marqués puisque les départements avec métropole présentent des dépenses et des recettes par habitant nettement plus faibles, respectivement de 16,4 % et 30,1 % inférieures.

Des dépenses liées au RSA plus élevées 

Alors que la santé et l'action sociale constituent le premier poste de dépenses des départements, ceux dotés d'une métropole y consacrent des montants en proportion légèrement inférieurs (62,8 % des dépenses de fonctionnement) à ceux observés dans les territoires sans métropole (68,8 %).

Mais si elles sont plus faibles dans les politiques d’aide aux personnes âgées (plus de 20 euros par habitant d’écart pour l’APA) ainsi que celles liées à la famille et l'enfance (8 euros d’écart), elles s’avèrent plus élevées s’agissant du RSA (164 euros par habitant contre 157,9 euros). 

Des écarts qui reflètent notamment les disparités de composition démographique de ces territoires, les départements dotés d'une métropole se caractérisant par une population plus jeune et par une concentration accrue de la pauvreté. Le chômage y est ainsi plus élevé « surtout chez les jeunes », avec une « forte proportion d'emplois précaires », auxquels s’ajoutent « des structures familiales plus fragiles, notamment davantage de familles monoparentales ».

La DGCL constate également une autre forme de divergence : alors que dans les départements dotés d'une métropole, les dépenses augmentent avec la taille de la population, c’est le phénomène inverse qui apparaît dans les départements sans métropole. « Cette évolution tient vraisemblablement à un effet de centralité : ces territoires [dotés d’une métropole] forment des bassins de vie plus larges, dépassant les frontières départementales, créant un écart entre population présente et population résidente. Ce mécanisme d'attractivité (ou métropolisation), accroît l'intensité d'usage des services et des infrastructures » et donc une hausse mécanique des dépenses de fonctionnement. 

De l’autre côté, si les départements sans métropole les moins peuplés présentent souvent des dépenses par habitant plus élevées, c’est que « la présence d'infrastructures et de services pour une population réduite accroît mécaniquement la charge par habitant, indépendamment de l'intensité des besoins ». Les dépenses de culture, vie sociale, sport et jeunesse passent de 33,1 euros par habitant pour les collectivités les moins peuplées à 18,9 pour celles qui sont les plus peuplées.

Des recettes davantage portées par les DMTO

S’agissant des recettes, les auteurs de la note constatent que les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) par habitant sont « bien supérieurs » dans les départements avec métropole. Ce n’est pas vraiment une surprise puisque « la structure et la valeur du parc immobilier français entraînent une concentration du patrimoine dans les territoires métropolitains, où les niveaux de prix sont nettement plus élevés ».

En outre, les métropoles enregistrent un volume de transactions « nettement supérieur à celui des zones non métropolitaines » avec plus de 30 % des mutations qui y sont réalisées. Sans compter que ces territoires attirent des ménages aux capacités financières plus importantes. Les départements avec métropole perçoivent ainsi en moyenne 151,2 euros par habitant, contre 113,2 euros par habitant dans les autres départements.

Reste que si les départements avec métropole profitent d’un marché immobilier et donc de DMTO plus dynamiques, les autres recettes fiscales et les concours financiers de l’État (DGF, autres dotations, péréquations et compensations fiscales) bénéficient avant tout aux départements sans métropole. En effet, « une partie importante des dotations nationales vise à soutenir les territoires ruraux ou à faible potentiel fiscal », ce qui oriente les crédits vers les collectivités considérées comme les plus fragiles.

Résultat : malgré une population souvent plus réduite, ces départements ont perçu 195,7 euros par habitant de concours financiers de l'État par habitant, contre 139,6 pour ceux pourvus d'une métropole en 2024.

Des délais de désendettement plus élevés

Sur la question de l’endettement, là aussi les logiques divergent selon les profils des départements. Si l’endettement par habitant des départements avec métropole se révèle plus faible, leur délai de désendettement reste plus élevé du fait d’une épargne brute « sensiblement plus favorable » dans les départements sans métropole. 

Les départements dotés d'une métropole présentent ainsi un niveau d'endettement « nettement inférieur » avec une dette moyenne à 456,9 euros par habitant, contre 499,9 euros dans les départements dépourvus de métropole. Ce qui représente un écart de 8,6 % qui tend cependant à se réduire puisqu'en 2020 il était encore de 11,5 %.

Et si, globalement, ce sont les collectivités les moins peuplées qui sont, par habitant, les plus endettées, il y a une exception notable : les 20 % de départements les plus peuplés (qui regroupent une grande majorité de métropoles) dont l’endettement dépasse celui des autres.

In fine, le délai de désendettement est plus court (5,2 années) dans les départements dépourvus de métropole (10,9 années dans ceux dotés d'une métropole) car l'épargne brute y est nettement supérieure, du fait de recettes de fonctionnement plus élevées.

Reste que, malgré ces contrastes importants, les départements qui se ressemblent d’un point de vue sociodémographique – qu’ils aient ou pas de métropole – sont finalement assez proches et laissent apparaître « un rapprochement de leurs structures financières, à l’exception des recettes ». Notamment en termes d’investissement.

Consulter le BIS.




Emploi
Les missions locales se présentent aux nouveaux élus
L'Union nationale des missions locales vient d'éditer un kit à destination des missions locales. De bon augure pour aider les nouveaux élus à se familiariser avec ces structures dédiées à l'accompagnement des jeunes de 16 à 25 ans dans les territoires ruraux comme urbains. Des structures utiles, mais fragiles. 

Sur une affiche, l’Union nationale des missions locales (UNML) (1) résume de façon synthétique les dix principes fondamentaux qui structurent les actions d'accompagnement des jeunes des missions locales. 

L’intitulé de ces dix principes permet déjà de bien cerner ce que doit être une mission locale : elle s’attache à accompagner les jeunes selon une « approche globale », pour faire en sorte qu’ils soient « acteurs de leur parcours ». Elles misent sur « l’ancrage partenarial local » ainsi que « la personnalisation de la relation ». Elles veillent à « tenir conseil » comme à respecter « la temporalité des jeunes », « l’équité de traitement » et « l’accueil inconditionnel », dans la « reconnaissance et le respect mutuels » et « l’adaptabilité ».

Un livret d’une trentaine de pages explique plus en détail chacun de ces principes, ainsi que « les risques à ne pas les appliquer », « les entraves à leur mise en œuvre », « les moyens pour les concrétiser » et « les bénéfices observés ». 

« Si nous sommes des couteaux suisses, les partenaires sont des couteaux à beurre, poisson, pain… Leurs spécialisations sont une force ». Cette citation mise en exergue du chapitre dédié à l’ancrage territorial vient ainsi mettre en garde contre le risque de « mettre en compétition les structures partenaires d’un territoire sur le plan des moyens et des objectifs alloués ».

Une carte d’identité autant qu’un plaidoyer

Ce travail est le résultat d’une démarche participative engagée par l’Institut Bertrand-Schwartz et l’UNML quelques mois avant les élections municipales, auprès des professionnels et des jeunes accompagnés. L’enjeu, comme le précise l’Union, était d’« actualiser » et de « réaffirmer collectivement les fondamentaux qui structurent [les] actions d’accompagnement vers l’insertion professionnelle et sociale ».

Au-delà, il s’agit de sensibiliser aussi les élus à ce que sont les missions, car « ces principes au service de l’insertion professionnelle et sociale ne peuvent se réaliser sans moyens pour assurer un fonctionnement général » explique l’UNML. Or « le Stop and go des politiques publiques, l’instabilité des financements de fonctionnement et la prédominance des modalités de financement par projet mettent à mal les organisations » (lire Maire info du 9 décembre 2025). 

Ce message était au cœur de l’interpellation lancée par l'UNML à la veille des élections, pour « faire de la jeunesse une priorité des mandats des élus locaux ». 

Chaque année, le réseau des 426 missions locales (dont 380 dans des communes rurales), leurs 6800 lieux d’accueil et 15 000 salariés accompagne près d’un million de jeunes. 20 % de ces jeunes vivent en zone rurale, 18 % dans un quartier prioritaire politique de la ville. 

(1) Le président de l'UNML, Stéphane Valli, a été réélu maire de Bonneville (Savoie). 

Pour aller plus loin : le plaidoyer pour l’accompagnement des jeunes en milieu rural.




Transports
Loi-cadre sur les transports : les régions veulent des financements pour les trains métropolitains et la grande vitesse
Le projet de loi-cadre sur les transports, qui sera discuté à partir du 14 avril au Sénat, devra servir à trouver des financements pour les futurs services express régionaux métropolitains (Serm) et les lignes à grande vitesse (LGV), demandent les présidents de régions.

Le fléchage des recettes des autoroutes vers les infrastructures de transport vieillissantes prévu par ce texte est « absolument nécessaire », a salué Carole Delga, présidente de la région Occitanie, qui s'est exprimée lundi après-midi au nom des 18 régions de France devant la commission Développement durable du Sénat.

« Mais ce fléchage devra aussi bénéficier aux Serm et aux nouveaux projets de LGV », a ajouté Carole Delga, lors d'une rencontre lundi soir avec quelques journalistes à Paris.

Pour les LGV, comme celle de Bordeaux-Toulouse, pour laquelle l'État est censé financer 40 % des 14 milliards de budget, Carole Delga estime qu'une partie des besoins pourraient être couverts par la réallocation des recettes autoroutières prévue par la loi.

« Une misère »

Pour les Serm, vastes projets d'aménagement destinés à développer et décarboner les mobilités régionales – annoncés en 2022 sous le nom de « RER métropolitains » par Emmanuel Macron –, les besoins de financement sont estimés à 35 milliards d'euros, a précisé Carole Delga.

Actuellement, les sommes prévues pour ces projets dans les contrats de plan Etat-région – « environ 1,5 milliard d'euros » – sont « une misère » par rapport aux besoins, a-t-elle déploré.

Les Serm illustrent la priorité donnée aux transports collectifs du quotidien. Ils prévoient le développement de nouvelles lignes, de prolongements, de raccordements de lignes entre elles, d'augmentations des cadences ou encore le développement de mobilités douces sur certains axes reliant métropoles et périphéries.

Vingt-six projets de Serm, portés par des villes et collectivités (Toulouse, Saint-Etienne, Rouen, Mulhouse-Bâle, Clermont-Ferrand, Chambéry, Toulon...) ont déjà été labellisés par le ministère des Transports.

Le projet de loi, qui prévoit notamment une nouvelle formule pour les concessions autoroutières, est un texte « incomplet », a relevé Carole Delga. L'association Régions de France va suggérer des amendements, a-t-elle indiqué. 

Mais étant donné l'engorgement du calendrier parlementaire, Carole Delga doute de la possibilité de parvenir à une loi avant l'été. Elle l'espère « avant la fin du quinquennat ».

« Depuis la dissolution, on n'a plus de certitude sur rien, mais on essaie de faire avancer les choses pour que la France ne sombre pas dans l'immobilisme », a-t-elle déclaré, évoquant une « demande sociétale » et un « consensus politique » sur le besoin de transports publics.







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