Édition du mardi 17 mars 2026

Elections municipales
Taux de participation au premier tour des municipales : les effets de la réforme du mode de scrutin dans les petites communes
Le premier tour des élections municipales a été marqué par un taux d'abstention plus important qu'en 2014. L'analyse des données commune par commune permet de mesurer que malgré l'évolution du mode de scrutin, les petites communes votent toujours davantage que les grandes.

Même en ne tenant pas compte du scrutin de 2020, qui s’est déroulé en pleine épidémie de covid-19, l’évolution est nette : entre 2014 et 2026, le taux de participation a diminué nettement aux élections municipales.

Avec un taux de 57,1 %, toutes strates confondues, la participation est en baisse de plus de 6 points par rapport à 2014, où elle s’établissait à 63,55 %. Mais il reste à savoir si cette relative désaffection pour un scrutin qui, jusqu’à présent, était l’un des plus mobilisateurs, est due au rejet général de la politique ou à la modification du mode de scrutin. En effet, depuis l’adoption de la loi qui a étendu le scrutin de liste proportionnel et paritaire à toutes les communes, beaucoup craignaient un effondrement de la participation dans les communes de moins de 1000 habitants.

Les petites communes votent toujours davantage que les grandes

Pour répondre à cette question, Maire info a croisé le fichier des résultats, commune par commune, publié hier par le ministère de l’Intérieur avec les données démographiques de l’Insee. (NB - Les chiffres donnés dans cet article sont calculés hors Mayotte et Polynésie française, et ne prennent pas en compte les scrutins d’arrondissement de Paris, Lyon et Marseille).

Première conclusion : les petites communes continuent de voter nettement plus que les grandes. Dans les communes de moins de 1000 habitants, la participation s’établit en effet à environ 64 %, contre 58,5 % en moyenne dans les communes de plus de 1 000 habitants. Le taux de participation, de façon générale, s’amenuise de façon proportionnelle à la taille des communes : Il s’établit autour de 57 % pour les communes de 5 000 à 10 000 habitants, de 53 % pour la tranche 10 000 – 50 000 habitants et à 51,7 % pour celles de plus de 50 000 habitants. 

Néanmoins, il faut noter que la baisse de la participation est plus marquée dans les petites communes dans les grandes : pour mémoire, en 2014, les communes de moins de 1 000 habitants avaient participé à hauteur de 75 %, soit 11 points de plus que dimanche dernier. Alors que, dans les grandes villes, la participation, bien que plus faible, est à peu près stable. 

On assiste donc probablement au mélange d’une désaffection pour la politique et les élections qui gagne l’ensemble des communes – ou du moins une partie croissante de ses habitants – et d’une évolution du mode de scrutin, avec la fin du panachage, qui a pu pousser un certain nombre d’électeurs à bouder les urnes.

Le déterminant social reste également très présent : les départements urbains les plus pauvres sont toujours ceux où l’on vote le moins, avec toujours, en tête de ce palmarès, la Seine-Saint-Denis, où la participation n’a été que de 46,7 %, plus de dix points en dessous de la moyenne nationale. 

Vitalité démocratique

En la matière, c’est naturellement le nombre de listes en concurrence qui a été déterminant. Dans les communes où seule une liste était en lice, et était donc assurée d’être élue avec 100 % des voix quel que soit le nombre d’électeurs, ceux-ci étaient naturellement moins enclins à se déplacer – le résultat étant, en quelque sorte, acquis d’avance. Pourtant, le taux de participation dans ces communes ne s’est pas effondré de façon dramatique, comme le prévoyaient quelques pessimistes : dans les 19 300 communes où il n’y avait qu’une seule liste, le taux de participation s’établit à un peu plus de 59 %. Ce qui signifie que 6 électeurs sur 10, même en connaissant d’avance le résultat, ont tenu à se déplacer pour élire leurs conseillers municipaux, ou par esprit citoyen, ou dans la volonté de légitimer démocratiquement celui-ci. Cela apparaît comme un bon signe de vitalité démocratique.

Mais l’écart est malgré tout impressionnant entre les communes de moins de 1 000 habitants qui ont vu se présenter au moins deux listes concurrentes : au nombre de 5 150 environ, elles ont connu un taux de participation de 76,4 %, soit presque 20 points de plus que celles où il n’y avait qu’une seule liste. Presque 600 de ces communes ont eu un taux de participation de plus de 90 %, et près de 2 400 un taux de plus de 80 % de participation. 

Il est également à noter que dans la majorité de ces communes, l’élection a été très équilibrée, ou en tout cas avec, le plus souvent, des écarts inférieurs à 10 points entre les deux listes. Signe que le débat démocratique a joué à plein et que l’effet « projet contre projet », souhaité par les défenseurs de la réforme du scrutin, a été au rendez-vous. 

Les bulletins blancs et nuls, plus nombreux dans les petites communes

Deux autres questions pouvaient se poser avant le scrutin : dans les communes de moins de 1 000 habitants, où le panachage est désormais impossible, des électeurs allaient-ils manifester leur mécontentement en votant blanc de façon plus importante qu’ailleurs ? D’autres allaient-ils protester en panachant quand même, ou bien rayer ou ajouter des noms par habitude, leur bulletin devenant, de ce fait, nul ? 

En regardant les chiffres des votes non valablement exprimés, c’est-à-dire blancs ou nuls, il semble que la réponse soit oui. 

Dans les communes de plus de 1 000 habitants, le taux de bulletins blancs s’établit à 2,48 % des votants et celui des bulletins nuls à 1,98 %. Dans celles de moins de 1 000 habitants, les chiffres sont beaucoup plus importants : 4,1 % de bulletins blancs et 7,17 % de bulletins nuls. 

C’est dans les communes de moins de 1 000 habitants n’ayant qu’une seule liste en lice que ces chiffres sont les plus importants : 5,3 % de bulletins blancs et presque 10 % de bulletins nuls.  




Elections municipales
Recomposition politique express dans les grandes villes au lendemain du premier tour des municipales
À quelques heures du dépôt des listes pour le second tour, dans les quelque 2 000 communes qui en organiseront un, les alliances refusées hier se sont finalement nouées. Tour d'horizon.

Environ 33 000 communes ont élu leurs conseillers municipaux dès le premier tour, dimanche 15 mars, soit parce qu’il n’y avait qu’une seule liste, soit parce qu’il n’y en avait que deux. Il reste donc moins de 2 000 communes qui, dimanche prochain, organiseront un second tour. 

Jusqu’à six candidats au second tour

Pour ces communes, rappelons les règles : peuvent se maintenir au second tour toutes les listes qui ont atteint 10 % des suffrages exprimés. Mais ces listes ont parfaitement le droit ou de se retirer, ou de fusionner avec d’autres. S’il n’y a que deux candidats en lice pour le second tour, la liste devra remporter la majorité absolue pour être déclarée vainqueure. À partir de trois candidats, la majorité relative suffit. 

Conséquence de l’éparpillement des voix et de la fin de la bipolarisation de la vie politique amorcée depuis 2017 et renforcée depuis 2024, le nombre de seconds tours pour lesquels plus de deux candidats sont qualifiés se sont multipliés cette année, avec un grand nombre de triangulaires, quadrangulaires, quinquangulaires et même deux « sexangulaire » (six candidats) possibles à Poitiers et à Mulhouse. Ce cas ne s’était vu qu’une seule fois jusqu’à maintenant, en 2014… dans une petite commune de Tahiti. 

Négocations

Mais il est impossible à cette heure de donner le nombre de ces seconds tours à candidats multiples : tout va dépendre des éventuels retraits et fusions, pour lesquels un délai strict est fixé : les listes de second tour devront avoir été déposées en préfecture ce soir à 18 heures maximum. 

Depuis l’annonce des résultats dimanche soir, les négociations ont donc commencé – ou pas, selon les cas – pour tenter des trouver des accords pour des retraits ou des fusions qui s’avéreront, dans certains cas, déterminants. 

Ces négociations n’ont rien d’inhabituel. Ce qui l’est plus, c’est qu’elles interviennent dans un contexte de profonde « hystérisation » de la vie politique, où des fossés infranchissables semblaient s’être creusés entre des forces politiques pourtant, naguère, du même bord. Fruit du désordre permanent qui règle à l’Assemblée nationale depuis la dissolution de 2024, cette situation s’est encore aggravée après le drame survenu à Lyon, qui a causé la mort d’un jeune militant identitaire, et qui a conduit à une ostracisation du parti La France insoumise à la suite de ces événements.. 

Conséquence : le Nouveau Front populaire né en 2024, déjà en ruines, a définitivement péri, et dans la plupart des grandes villes, LFI s’est présentée à part, dans des listes distinctes des autres forces de gauche. 

Mais comme dit la célèbre formule prêtée à Henri IV, « Paris vaut bien une messe », et les déclarations aussi fermes que définitives de l’avant-premier tour ont rapidement fait place à des alliances tous azimuts, d’un bout à l’autre du pays. 

Le revirement des candidats PS dans les grandes villes

C’est à gauche que ce phénomène semble le plus marqué : plusieurs candidats socialistes, dans les grandes villes, qui avaient juré qu’ils ne s’allieraient plus jamais à LFI, ont changé d’avis après le premier tour. 

C’est à Toulouse que le mouvement a été lancé, dès hier matin, où le socialiste François Briançon et l’Insoumis François Piquemal ont annoncé la fusion de leur liste – avec François Piquemal en tête de liste et, de ce que l’on sait, un engagement à ce que François Briançon devienne président de la métropole en cas d’élection. Ce tandem, au vu des résultats du premier tour, est peut-être en mesure de ravir la mairie à Jean-Luc Moudenc. 

Une fois ce premier accord passé, d’autres grandes villes ont suivi : à Nantes, Lyon, Brest, Limoges, Besançon, Strasbourg, Tours, Avignon, Clermont-Ferrand, Grenoble, des candidats socialistes ou écologistes ont fusionné avec les listes LFI – en général en habillant cette décision du terme « d’accord technique », qui, de l’avis de tous les politologues, ne veut pas dire grand-chose. 

Le patron du PS, Olivier Faure, a dit hier « comprendre » ces alliances. Sauf à risquer une explosion du parti –la numéro 2 du PS, Johanna Rolland, à Nantes, adversaire acharnée de LFI, a elle-même fusionné avec les Insoumis hier –, Olivier Faure ne peut, il est vrai, pas faire grand-chose d’autre que constater. 

Dans d’autres villes, c’est au contraire pour faire « barrage » à LFI que des alliances se sont constituées, comme à Lille entre PS et écologistes. 
Les exceptions les plus spectaculaires à ce changement de pied sont Paris et Marseille, où les deux candidats socialistes arrivés en tête, Emmanuel Grégoire et Benoît Payan, ont exclu toute fusion avec LFI – le second déposant même sa liste dès hier pour couper court à toute rumeur de négociation. 

D’autres surprises arriveront peut-être d’ici ce soir, puisqu’il reste quelques heures avant la clôture de la période de dépôt en préfecture. 

À droite, pas d’alliance avec le RN après le premier tour

À droite, la ligne définie par Bruno Retailleau a en revanche été plutôt respectée : les candidats de droite, dans les grandes villes, n’ont pas saisi la « main tendue » par Jordan Bardella pour « battre la gauche et l’extrême gauche ». À une exception près – celle du candidat LR à Reims qui a décidé de fusionner avec le RN pour battre le maire Horizons Arnaud Robinet. 

Mais ce constat ne doit pas cacher qu’avant le premier tour, comme le président du Sénat Gérard Larcher lui-même s’en est ému en fin de semaine dernière, un certain nombre de cadres LR ont rejoint les listes RN, UDR (ciottistes) ou Reconquête. Cela a été le cas notamment à Nîmes, à Colmar, à Béziers ou à Bourg-en-Bresse. Selon le PS, qui a tenu une conférence de presse à ce sujet la semaine passée, « 600 personnalités » LR ou RN se présentent sur une même liste. Le président du Sénat, quant à lui, a dit souhaiter que ces cadres soient exclus du parti.

Par ailleurs, un certain nombre d’alliances, plus classiques, entre Les Républicains et le centre-droit ont eu lieu, la plus commentée étant la fusion, à Paris, entre la liste de Rachida Dati (LR) et celle de l’élu Horizons Pierre-Yves Bournazel, qui avaient pourtant, eux aussi, pendant la campagne, fait assaut de propos peu amènes l’un contre l’autre. Cette fusion a semble-t-il été imposée à Pierre-Yves Bournazel par son parti – au point qu’après l’avoir scellée, il s’est retiré de la liste et de la vie politique. 

Il faudra attendre ce soir pour connaître la composition exacte des listes qui se présenteront au second tour, le nombre de fusions et celui des retraits. Mais quoi qu’il en soit, nul ne dit que ces manœuvres d’appareil assurent mécaniquement la victoire à leurs auteurs. À gauche, un certain nombre d’électeurs qui ont voté PS au premier tour risquent de ne pas renouveler leur geste pour une liste fusionnée avec LFI, après que leur parti a passé des semaines à répéter que les Insoumis ne valaient guère mieux que le RN. Et à droite, à Paris par exemple, des électeurs de Pierre-Yves Bournazel n’iront pas voter pour Rachida Dati – bien plus clivante – voire porteront leur suffrage sur la liste de gauche. 

C’est dans ce sens que ce deuxième tour, par bien des aspects, va servir aux états-majors des partis politiques de laboratoire en vue de la présidentielle de 2027, parce qu’il permettra de mesurer ce que les électeurs attendent des uns et des autres en termes d’alliances. 




Aménagement numérique du territoire
Réseaux fixes et mobiles : le gouvernement clarifie le cadre des comités de concertation locaux
La fermeture du réseau cuivre et la disparition programmée des réseaux 2G et 3G sont des chantiers qui nécessitent un pilotage national et un suivi local, au plus près des usagers. Une circulaire publiée récemment rappelle l'importance des comités de concertation locaux. Une autre demande aux préfets d'organiser des réunions dédiées à la migration des sites et équipements de l'État.

Des changements majeurs vont intervenir ces prochaines années. La fibre remplacera définitivement l’ADSL et les réseaux mobiles de premières générations (2G, 3G) vont peu à peu disparaître. 

Orange a largement amorcé son plan de fermeture du réseau cuivre et la fibre est arrivée dans la plupart des territoires avec plus ou moins de facilité. Les élus qui observent en direct sur le terrain ce basculement du cuivre vers la fibre sont des acteurs de premier plan dans ce chantier. De même, s’agissant de la fermeture des réseaux 2G et 3G, l’identification localement des équipements et infrastructures qui sont encore dépendants de ces réseaux ne peut se faire sans l’implication des élus. 

C’est pourquoi le gouvernement a publié récemment deux circulaires relatives à l’organisation de ces chantiers. 

Comités de concertation locaux

Déjà en 2021, l’ex-Premier ministre Jean Castex insistait sur l’importance d’avoir une instance qui permette en la matière une « coopération locale »  renforcée, « nécessaire pour répondre aux attentes des usagers du réseau cuivre et plus largement des réseaux fixe et mobile »  (lire Maire info du 23 juin 2021). Des comités de concertation ont alors été mis en place.

En 2023, le gouvernement constatait que de nombreuses préfectures ont organisé un ou plusieurs comités de concertation mais que certaines préfectures exprimaient le souhait d’un soutien dans sa mise en œuvre. Une note avait alors été publiée (lire Maire info du 20 janvier 2023). 

La publication d’une nouvelle circulaire encadrant le fonctionnement des comités de concertation locaux au Bulletin officiel de l'administration centrale apparaît comme une troisième relance où le gouvernement invite les préfets à davantage miser sur ces instances. Surtout, « le gouvernement a souhaité que le cadre d’organisation de ces comités soit clarifié ». 

Le gouvernement insiste sur le fait que la « poursuite des comités de concertation départementaux » – composés de l’ensemble des parties prenantes de l’aménagement numérique du territoire, notamment les représentants des communes et intercommunalités mais aussi les associations d’élus –  « est indispensable ». Ces comités permettent de « faciliter la diffusion des informations pertinentes » auprès des mairies, et peuvent permettre de lever les obstacles au déploiement de la fibre ou de l’implantation des sites 4G ou 5G. Ces comités sont aussi le lieu où des actions de communication locales peuvent être développées « pour la migration des usagers (y compris des services publics) en s’assurant que tous les acteurs (opérateurs télécoms, services de l’État, collectivités, etc.) jouent pleinement leur rôle dans ces différents chantiers ». Enfin, ces comités représentent une opportunité pour « favoriser la mise en place de schémas locaux de résilience afin de garantir la pérennité des réseaux fixes et mobiles au regard des aléas climatiques ». 

Les trois ministres signataires estiment ainsi qu’ « au regard des enjeux de transition numérique, la tenue des comités de concertation locaux revêt un caractère prioritaire » afin que « chaque administré bénéficie d’une couverture numérique fixe et mobile de qualité ».

Malgré l’importance de cette instance pour les élus, les comités ont été déployés de manière disparate selon les départements. De plus, alors que le gouvernement suggérait auparavant une organisation de comités de concertation départementaux au moins chaque semestre, la fréquence suggérée aux préfets a été revue à la baisse, passant à une réunion par an, même s’il est précisé « a minima ». Les associations d’élus – dont l'AMF – regrettent que le préfet ne soit pas tenu de mettre en place un comité de concertation obligatoirement dans chaque département. 

Soulignons cependant la publication de plusieurs annexes dans cette circulaire qui pourraient fortement intéresser les élus. L’une présente clairement le plan de fermeture du cuivre annoncé par Orange avec les échéances à connaître. L’annexe 2 présente de manière synthétique le plan de fermeture des réseaux 2G et 3G. Enfin, la dernière annexe donne une synthèse par département de la volumétrie de communes concernées par la fermeture du cuivre en janvier 2026.

Recensement des sites et équipements 

La seconde circulaire porte sur la migration technologique de tous les sites de l’État et des infrastructures critiques. 

Le gouvernement rappelle qu’ « à l’horizon 2030, tous les sites de l’État et les infrastructures critiques encore raccordés au réseau cuivre devront avoir migré vers la fibre optique et autres technologies alternatives conformément au calendrier de fermeture du cuivre d’Orange. » Commissariats, gendarmeries, hôpitaux publics, établissements scolaires, prisons, sites de production d’électricité (barrages, éoliennes, centrales nucléaires, etc.), utilisant un service de téléphonie fixe participant à la protection des populations (les services d’urgence, de téléassistance, en charge de l’hospitalisation à domicile, etc.) … La liste est non-exhaustive. 

« De même, tous les équipements de l’État encore connectés aux réseaux 2G et 3G, devront avoir migré vers la 4G/5G ou autres technologies alternatives d’ici les dates d’extinction annoncées de ces réseaux, peut-on lire dans la circulaire. Il peut s’agir par exemple d’équipements participant à la gestion des bâtiments, aux appels d’urgence des ascenseurs, à l’éclairage public ou au traitement et à la distribution de l’eau. » 

Sur ce point, il faut rappeler que cette transition, annoncée depuis 2022, a été mal anticipée par les pouvoirs publics. C’est notamment ce qui a été dénoncé dans un rapport d'information réalisé par la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat publié il y a quelques semaines (lire Maire info du 19 février).

Le gouvernement demande aux préfets de « mettre en place des réunions dédiées à la migration des sites et équipements de l’État, en réservant une attention particulière aux équipements critiques participant à garantir la sécurité des personnes et à faire fonctionner les principaux services publics. » Il leur est aussi demandé d’engager « un échange avec les présidents de département, les établissements publics de coopération intercommunale et principales communes du département pour les informer des calendriers de fermeture et les encourager à faire un recensement de leurs sites et équipements qui pourraient être concernés au sein des services publics dont ils ont la charge (notamment les dispositifs fonctionnant encore en 2G/3G). »




Tourisme
Lancement du programme « Best Tourisme Villages » de l'ONU Tourisme : les communes rurales invitées à candidater
Une nouvelle édition du programme Best Tourism Villages porté par l'ONU Tourisme a été annoncé. La Direction générale des entreprises (DGE) a ouvert hier la phase de présélection nationale afin d'identifier les villages français susceptibles de porter une candidature.

Lancé en 2021, le programme international Best Tourism Villages porté par l’ONU Tourisme « distingue et accompagne les villages ruraux de moins de 15 000 habitants engagés dans un tourisme durable et dans la valorisation de leur patrimoine naturel et culturel », indique la Direction générale des entreprises (DGE) sur le portail démarche.numerique.gouv.fr. 

Cette distinction mondiale permet à des villages présélectionnés de bénéficier « d’une visibilité internationale, d'une mise en réseau à l’échelle mondiale et d'un accompagnement de l’ONU Tourisme pour renforcer leur attractivité touristique. »

Une présélection ouverte aux communes jusqu’au 20 avril 

La DGE vient d’ouvrir son appel à candidatures. Elle précise que « dans un premier temps, les villages intéressés sont invités à compléter un formulaire de présélection en ligne, permettant d’identifier les candidatures les plus alignées avec les critères du programme. Cette phase permettra de sélectionner jusqu’à huit villages, conformément au règlement du programme qui limite le nombre de candidatures par pays. »

Plus précisément, ce sont les villages ruraux de moins de 15 000 habitants, et notamment « les communes disposant d’un potentiel touristique avéré » qui peuvent candidater pour cette présélection nationale. La commune doit déjà proposer « des initiatives en faveur de la préservation et de la valorisation de leur patrimoine, du développement économique local à travers le tourisme, et de l’intégration des acteurs locaux dans la chaîne de valeur touristique (artisans, producteurs, entreprises locales) ».

Les communes intéressées « sont invitées à se manifester dans le cadre de cette phase de pré-sélection, en vue d’une candidature officielle au programme Best Tourism Villages de l’ONU Tourisme. »

Pour ce faire, une candidature doit être déposée en remplissant un formulaire de présélection : https://demarche.numerique.gouv.fr/commencer/preselection-programme-btv. L’appel à candidatures reste ouvert jusqu’au 20 avril prochain. Un guide de la démarche produit par la DGE est mis à disposition des communes. 

« Afin de présenter plus en détail le programme, la DGE organise un webinaire d’information » le 25 mars prochain de 12 heures à 13 heures. Les communes peuvent y participer en suivant cette adresse : cliquez sur le lien. 

Deuxième étape 

Une fois sectionnées par la DGE, les huit communes rurales « pourront entamer la préparation de leur dossier officiel pour l’ONU Tourisme, avec l’appui de la DGE. Ce dossier, à soumettre en anglais, devra notamment présenter les actions menées par le village au regard des neuf critères d’évaluation du programme, et être appuyé par des documents ou liens justificatifs. » La date de dépôt des candidatures par pays est fixée au 9 juin 2026.

Ce programme donne aux communes sélectionnées « une visibilité internationale et la promotion du village en tant que destination d’excellence sur le site web et les réseaux sociaux de l’ONU Tourisme », « une distinction officielle attribuée par l’ONU Tourisme et le droit d’utiliser le logo BTV »,  une « intégration au premier réseau international du tourisme rural, facilitant les échanges de bonnes pratiques et les collaborations avec les membres, un « accès à des formations et à un accompagnement, animés par l’ONU Tourisme et ses partenaires » et offre la possibilité de participer « aux événements internationaux et aux réunions thématiques du réseau ». 

« La DGE participe également au rayonnement au niveau national en communiquant sur les résultats de l’appel à candidature et les villages sélectionnés. » L’année dernière, la commune de Pont-Croix (Finistère) – qui compte environ 200 habitants – a été la première commune de France labellisée Best tourism village par l'ONU. Une reconnaissance internationale saluée par le maire sortant, Benoît Laurlou : « Cette distinction honore Pont-Croix, mais aussi toutes les communes qui (…) démontrent chaque jour qu’il est possible d’allier patrimoine et développement. »




Sports
Jeux paralympiques : accessibilité de la montagne et défi sportif comme enjeux en 2030
Répondre aux questions de la montagne et de son accessibilité, à celles autour d'une délégation tricolore à renforcer : le compte à rebours est lancé pour la France, qui a hissé à Chamrousse, lundi, le drapeau paralympique, à quatre ans des Jeux dans les Alpes.

Arrivés dans la soirée de Cortina, les 13 athlètes de la délégation tricolore et leurs guides ont été fêtés devant leurs supporters, dans la station iséroise, accueillis par une haie d'honneur. « C'est impressionnant de voir des gens nous reconnaître, vouloir voir les médailles, on se rend vraiment compte de ce qu'on a fait », a savouré la skieuse Aurélie Richard, qui a récolté quatre des 12 médailles des Bleus.

Alors que le drapeau paralympique s'est invité sur scène en arrivant par une tyrolienne, marquant l'approche des prochains Jeux en 2030, tous avaient déjà entendu parler de la prochaine échéance. « Il n'y a même pas besoin de m'en parler pour que ce soit dans un coin de ma tête, abondait Arthur Bauchet il y a quelques semaines, c'est l'objectif d'une vie pour nous et un cadeau ».

L'Italie en exemple

Un cadeau encore loin d'être emballé. À l'heure actuelle, à l'instar des JO, la carte des sites, répartis entre les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, est attendue pour juin, et la crise au sein de son comité d'organisation a monopolisé l'attention.

Au sujet des Jeux de 2026, proches de la France, « on a tout intérêt à capitaliser sur cette expérience et les choix faits par les Italiens », a appuyé la présidente du Comité paralympique et sportif français (CPSF), Marie-Amélie Le Fur, évoquant entre autres « des sites qui ont l'habitude d'accueillir des compétitions » ou « une nouvelle expérience de la cérémonie d'ouverture ».

Et l'expérience de sites éclatés a aussi convaincu. « Au sujet de l'accessibilité, sur le site de Cortina, on a pu voir quelques difficultés par exemple concernant les fauteuils, pour accéder aux sites mêmes, note tout de même la ministre des Sports Marina Ferrari, donc on a relevé certains paramètres à prendre en compte pour les Alpes-2030.»

Transformation de la montagne

La question de la mobilité et de l'accessibilité sera évidemment au rendez-vous au moment de parler héritage.

Il faudra s'appuyer sur l'événement pour « accélérer la transformation de la montagne », appuie Marie-Amélie Le Fur, même s'« il faut être réaliste, d'ici 2030, on ne va pas le faire à l'échelle de tous les massifs français. Mais a minima on peut arriver à avoir quelque chose de durable sur les clusters (sites, ndlr) hôtes ». En janvier, le ministère des sports avait sorti sa « stratégie nationale Sport et Handicap 2030 », visant entre autres à la création d'un « guide sur l'accessibilité des remontées mécaniques » et des « critères d'accessibilité d'une station ».

Évoquant le développement « d'ascenseurs valléens » en Auvergne-Rhône-Alpes, le président de région, Fabrice Pannekoucke, estime qu'« on va répondre à l'enjeu de la décarbonation et de l'accessibilité pour tous » grâce à ce type de projets, alors que certaines stations possèdent aussi un « Label H+ » pour référencer les lieux facilitant l'accueil de personnes en situation de handicap.

Renouveler l'équipe de France 

Côté sportif, la délégation française devrait également évoluer. Si certains médaillés de Cortina, comme Arthur Bauchet, Aurélie Richard ou Karl Tabouret devraient être là en 2030, plusieurs ont vécu leurs derniers Jeux, comme le porte-drapeau Jordan Broisin ou le snowboardeur Maxime Montaggioni. Ce dernier évoque pour sa discipline « des athlètes qui ont évolué plus vite que les structures, et on n'a pas réussi à s'adapter. Le para-athlète a besoin du même niveau d'entraînement que les valides mais on n'a pas la même densité de population ».

« On a un vivier d'une petite vingtaine d'athlètes sur lesquels on travaille plus précisément », a indiqué Yann Cucherat, manager général de la haute performance de l'ANS, l'Agence nationale du sport, qui évoque aussi l'enjeu de la féminisation et d'une représentation de tous les handicaps plus importante. Le CPSF espère par exemple pouvoir compter sur son programme La Relève, pour la détection de futurs sportifs, qui aura bientôt son pendant « hiver ». Reste à savoir par ailleurs si les Paralympiques 2030 marqueront le retour des athlètes issus du sport adapté (handicap mental et/ou psychique) pour une première depuis 1998.






Journal Officiel du mardi 17 mars 2026

Ministère chargé des Transports
Arrêté du 10 mars 2026 portant déclassement d'une parcelle relevant du domaine public fluvial confié à Voies navigables de France (VNF) sur le territoire de la commune de Monéteau (Yonne)

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