Édition du lundi 29 septembre 2025

Budget
Projet de budget Lecornu : la « maîtrise des dépenses » des collectivités sera toujours au rendez-vous
Dans un long entretien au Parisien, vendredi, le Premier ministre a donné quelques indications sur ses intentions en matière budgétaire, qui ne diffèrent pas vraiment, pour l'instant, de celles de son prédécesseur. On y retrouve notamment la volonté de demander des efforts, pour l'instant non chiffrés, aux collectivités. Décryptage. 

À quand la nomination d’un gouvernement ? Si l’on prend au pied de la lettre les propos du Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans le Parisien, les choses devraient aller très vite : « Le gouvernement sera nommé avant le début des travaux parlementaires. » Dans la mesure où la session ordinaire du Parlement s’ouvre… mercredi, cela veut-il dire que le gouvernement sera nommé demain ? C’est peu probable. En réalité, si la session parlementaire s’ouvre bien mercredi 1er octobre, l’agenda de l’Assemblée nationale, en séance publique, ne contient pour ce jour-là que l’élection des vice-présidents et des questeurs – et le lendemain, celle des secrétaires du Bureau de l’Assemblée. Des séances qui donneront lieu, comme à l’été 2024, à d’intenses tractations en coulisses, mais qui peuvent se dérouler sans présence ministérielle. Les véritables « travaux parlementaires » ne débuteront donc sans doute que la semaine suivante… sans que l’on ait, d’ailleurs, la moindre idée de ce sur quoi vont travailler les députés, l’agenda étant pour l’instant parfaitement vierge. 

La fumée blanche est donc peut-être à espérer en fin de cette semaine ou début de semaine prochaine. Quant au casting, Sébastien Lecornu ne laisse filtrer aucune information, si ce n’est qu’il ne souhaite pas faire de « débauchage de personnalités issues d’une formation politique qui ne soutiendrait pas le gouvernement ». Il y a, ceci dit, peu de mystère sur la couleur politique de ce gouvernement : les ministres devront « partager les grandes orientations du socle commun », c’est-à-dire qu’ils seront issus, comme dans le gouvernement précédent, du bloc central (Renaissance, MoDem, Horizons) et éventuellement des LR… à condition que le projet de budget ne contienne pas de hausses d’impôts, puisque c’est la ligne rouge fixée par le parti de Bruno Retailleau.

Un moment évoquée, la participation du Parti socialiste au gouvernement semble s’éloigner, dans la mesure où aucune des demandes de ce dernier n’a trouvé l’oreille du Premier ministre. On ne voit donc guère de raisons que le prochain gouvernement ne ressemble pas fortement aux deux précédents, ceux de Michel Barnier et de François Bayrou. 

Quel budget ?

Sur le contenu du projet de loi de finances, Le Premier ministre reste là encore assez général. S’il dit « repartir d’une feuille blanche » – c’est-à-dire ne pas avoir l’intention de reprendre à l’identique le projet Bayrou, ni même s’appuyer dessus –, et même s’il juge « hors de question » de présenter un budget « d’austérité et de régression sociale », on voit mal ce qui différencie, sur le fond, les deux projets. Sébastien Lecornu souhaite lui aussi un grand plan d’économies, des « efforts » qui soient « compris », « partagés » et « justes » (autant d’adjectifs largement utilisés par son prédécesseur). Il veut « une meilleure maîtrise des dépenses (…) des collectivités territoriales » – évoquant à nouveau la « réforme de notre organisation territoriale via la décentralisation » comme levier d’une diminution des dépenses de l’État. Sauf que se pose, ici, un problème de calendrier : la grande loi de décentralisation que souhaite Sébastien Lecornu n’a aucune chance d’être rédigée, présentée, débattue et adoptée – si elle l’est – avant la fin de l’année. Le budget qui sera adopté d’ici la fin décembre ne pourra donc pas s’appuyer sur cette réforme. 

Dans cet entretien, Sébastien Lecornu ferme clairement la porte à l’essentiel des revendications de la gauche : la taxe Zucman (qui vise à s’assurer que les 1 800 détenteurs d’un patrimoine de plus de 100 millions d’euros payent bien au moins 2 % d’impôts sur ce patrimoine) n’est « pas une bonne réponse ». Pas question non plus d’une remise à plat de la réforme des retraites, dont le Premier ministre estime qu’il s’agit d’une sujet « pour la présidentielle », ni d’un retour de l’impôt sur la fortune.

Pour ce qui est de revendications de la droite et de l’extrême droite, le Premier ministre se montre plus flou. Il ne « veut pas » de hausses d’impôts « globales », mais reconnaît qu’il faut faire évoluer sur la « répartition de la charge » des impôts actuels, disant vouloir « entendre que les Français nous demandent plus de justice fiscale ». Sébastien Lecornu annonce simplement que dans le projet de budget qu’il va présenter, « certains impôts augmenteront, d’autres diminueront ». Il ne se prononce pas non plus sur le fait de vouloir ou non mettre en place, comme François Bayrou le prévoyait, une « année blanche », répondant laconiquement à cette question : « Je présenterai le budget en temps et en heure. » Même échappatoire sur l’ampleur des économies qu’il entend demander : 44 milliards d’euros comme le souhaitait François Bayrou, plus, moins ? Réponse : « Je présenterai un budget transparent. » Autrement dit : la question n’est pas tranchée. 

Lutte contre « toutes les optimisations »

La seule évolution clairement exprimée par le Premier ministre concerne « la fraude sociale et fiscale » : il promet qu’un « projet de loi ambitieux » sur ce sujet sera présenté « en même temps que (les projets de) loi de finances et de financement de la Sécurité sociale », soit dans deux ou trois semaines maximum, ce qui paraît là encore pour le moins ambitieux. « Il faut regarder toutes les dérives et toutes les fraudes », martèle Sébastien Lecornu, qui ajoute : « Il faut dénoncer toutes les optimisations ». Il s’agit bien là d’une nouveauté, tous les gouvernements ayant jusqu’à présent tracé une ligne claire entre « fraude fiscale » (illégale) et « optimisation fiscale » (peut-être « amorale », mais « légale », comme disait le député Sacha Houlié). Le Premier ministre va-t-il réellement s’attaquer à l’optimisation fiscale, ou en restera-t-il aux déclarations d’intention ? On le saura si ce fameux « projet de loi ambitieux » voit le jour. 

Notons enfin que Sébastien Lecornu, qui entend donner au débat parlementaire toute sa place et souhaite éviter, autant que possible, de recourir au 49-3 pour faire passer son budget, ne trace, contrairement à d’autres personnalités de son camp, aucune exclusive : il n’exclura de la négociation ni les députés RN ni ceux de LFI, car « tous les députés sont détenteurs de la souveraineté nationale (et ont) tous les mêmes droits et les mêmes devoirs »

Il reste donc à attendre la nomination du gouvernement, et la présentation, forcément ultra-tardive au regard du calendrier constitutionnel, d’un projet de loi de finances. De cet entretien, il semble que ni l’une ni l’autre ne devrait donner lieu à de grandes surprises. 

Il subsiste au moins une inconnue dans ce scénario : c’est l’ampleur de la mobilisation sociale de la nouvelle journée de mobilisation prévue jeudi 2 octobre. Si celle-ci est sur une courbe ascendante par rapport au 18 septembre, le Premier ministre sera sans doute contraint de faire un certain nombre de concessions dans son projet de budget. Dans le cas contraire, il y a fort à parier que, jours fériés supprimés en moins, sa copie sera assez similaire à celle de son prédécesseur à Matignon. 




Transports
Comprendre la grogne des auto-écoles
Une journée nationale de mobilisation des auto-écoles a lieu aujourd'hui dans plusieurs grandes villes, pour réclamer à l'État d'augmenter le nombre d'inspecteurs du permis de conduire. En cause : les délais de plus en plus longs pour passer le permis, qui ont des répercussions jusque dans les petites villes de province. Explications. 

Après les pharmaciens, les gérants d’auto-écoles. Entre 500 et 800 voitures d’auto-écoles mènent, ce lundi matin, une opération escargot sur le périphérique parisien. Les fédérations de gérants d’auto-écoles (Unic, Unidec et Mobilians) demandent à être reçues à Matignon avec deux revendications : l’augmentation du recrutement des IPCSR (inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière, qui sont des fonctionnaires de l’État) et l’augmentation du nombre d’heures de conduite minimum pour pouvoir passer le permis de conduire (de 20 à 28 heures). 

« Partenariats »

Derrière ces revendications, la problématique de l’allongement des délais d’inscription pour l’examen du permis de conduire, qui peut aller jusqu’à quatre mois dans plusieurs métropoles, voire huit mois en région parisienne. En cas d’échec au premier passage, le délai de repassage est d’au moins trois mois en moyenne. 

Mais ce phénomène a des conséquences qui se répercutent y compris dans les villes moyennes et petites. En effet, pour pallier le problème, de plus en plus d’auto-écoles des grandes villes – notamment franciliennes – créent des « partenariats » avec celles des petites villes, où les délais sont moins contraints, afin de permettre aux élèves, moyennant finances évidemment, de passer le permis plus vite. Ainsi, des auto-écoles parisiennes contactent celles des petites villes pour négocier des heures de conduite et des places d’examen, ave une commission à la clé. Certaines auto-écoles franciliennes proposent même des « packs clé en main », avec transport et hébergement compris, pour passer son permis en province. Ce qui, par contrecoup, diminue la disponibilité dans des auto-écoles où, pourtant, l’obtention du permis de conduire pour les jeunes locaux est encore plus cruciale que dans les grands villes, du fait de la carence de transports publics. 

Permis à 17 ans

Rappelons qu’il y a aujourd’hui moins de 1 500 IPCSP en France pour 1,8 million de candidats. Autrement dit, chaque inspecteur doit, en théorie, faire passer plus de 1 200 examens par an ! Les fédérations d’auto-écoles et d’inspecteurs chiffre à 200, minimum, le nombre de postes supplémentaires qu’il faudrait pourvoir.

Le problème n’est pas nouveau, et a plusieurs causes. Depuis plusieurs années, d’une part, le recrutement d’inspecteurs du permis de conduire est plus difficile : ces agents sont mal payés et surtout confrontés à des situations à des risques, illustrées par plusieurs faits divers d’agression, ces dernières années. Les IPCSR, d’ailleurs, se sont joints au mouvement de protestation des auto-écoles et sont en grève aujourd’hui, pour une « revalorisation » de leur profession. 

Le gouvernement met en avant deux autres causes pour expliquer la saturation : d’abord le pic démographique du début des années 2000, qui a multiplié le nombre de candidats, et surtout la réforme ayant conduit, le 1er janvier 2024, à abaisser l’âge minimal d’obtention du permis à 17 ans – ce qui a logiquement conduit à une très forte augmentation du nombre de candidats, dès 2024. Mais cette réforme ne s’est pas accompagnée d’une augmentation sérieuse du nombre d’inspecteurs : seulement 15 équivalents temps plein ont été créés en 2023 et 38 en 2024, selon les chiffres du  ministère de l’Intérieur. 

Recrutements insuffisants

Interpellé à plusieurs reprises sur ce sujet depuis l’année dernière, le gouvernement sortant, par la voix du ministre auprès du ministre de l’Intérieur François-Noël Buffet, a promis avant l’été le recrutement de 108 inspecteurs d’ici la fin de l’année, ce qui correspondrait à « 80 000 places » supplémentaires à l’examen. Mais il ne s’agissait pas de uniquement de véritables recrutement, puisque le gouvernement a, pour partie, fait appel à des inspecteurs à la retraite appelés à reprendre du service contre rémunération. 

On reste loin, quoi qu’il en soit, des 200 recrutements chiffrés par les fédérations. Un tel recrutement pourrait paraître contradictoire avec la volonté d’économies budgétaires et de réduction du nombre de fonctionnaires – mais il ne faut pas, en la matière, raisonner à court terme : le fait de priver des jeunes de la possibilité de passer le permis de conduire les empêche, bien souvent, de pouvoir postuler à un emploi, ce qui n'est pas particulièrement bénéfique non plus pour le finances publiques. 

Nombre d’heures obligatoires

Les fédérations d’autoécoles militent également pour le passage à 28 h de conduite au lieu de 20 pour pouvoir passer le permis. Cette revendication peut paraître, elle, plus corporatiste – dans la mesure où une telle décision augmenterait mécaniquement le chiffre d’affaires des auto-écoles. Mais celle-ci se défendent de toute arrière-pensée financière : pour elles, augmenter le nombre d’heures de conduite permettrait de faire diminuer le taux d’échec au premier passage du permis, ce qui aurait pour conséquence de désengorger le système en diminuant le nombre de deuxièmes passages (le taux de réussite dès le premier examen est « actuellement inférieur à 60 % », notait en juillet dernier François-Noël Buffet).

Côté gouvernement, cette augmentation du nombre d’heures obligatoires n’était, l’été dernier, pas envisageable, dans la mesure où il a fait état de son « ferme engagement à ne pas augmenter le prix du permis ». Pour vertueux qu’il soit, l’argument n’est qu’à moitié recevable : de fait, en effet, de nombreux candidats contraints d’attendre des mois pour passer le permis finissent par reprendre des heures de conduite, pour ne pas perdre la main. La pénurie d’inspecteurs amène donc de toute façon un surcoût du permis. 

Le gouvernement disait en juillet chercher des pistes pour améliorer le taux de réussite sans rien céder ni sur le prix ni sur le niveau d’exigence. Une gageure, qu’il entendait réussir en encourageant, notamment, la conduite accompagnée. 

Il reste à voir comment le Premier ministre répondra au mouvement d’aujourd’hui. Sans gouvernement ni projet de budget, on ne voit pas bien, toutefois, ce que Sébastien Lecornu pourrait proposer d’autre que de la patience. 




Finances locales
La santé financière des départements se dégraderait encore fortement en 2025, selon la DGCL
La direction générale des collectivités locales estime que l'épargne brute des départements pourrait chuter de 25 % cette année « poursuivant la dynamique déjà amorcée en 2023 ». Une projection très éloignée de celle de La Banque postale qui annonçait la semaine dernière un rebond… de plus de 14 %. De quoi entretenir une certaine confusion.

« Il est des années où […] la prévision des résultats d’un exercice trois mois avant son terme peut paraître facile. » C’est ce qu’avançait, la semaine dernière, La Banque postale, en préambule de sa dernière note de conjoncture qui prévoit l’évolution des finances locales en 2025.

Il semblerait que cet exercice s'avère un peu plus compliqué que prévu puisque les conclusions de la direction générale des collectivités locales (DGCL), parues vendredi dans son dernier bulletin d’information statistique, vont à l’encontre de celles dévoilées par la banque publique trois jours plus tôt. Pour ce qui concerne les finances départementales de l’année 2025 en tout cas.

Épargne brute en hausse ou en baisse ?

De quoi entretenir une profonde incertitude et une confusion autour de la santé financière des départements cette année. Faut-il s’attendre à un redressement de leur situation ou une nouvelle dégradation, après une sévère détérioration de leurs comptes entamée depuis 2023 ?

Se fondant sur les budgets primitifs votés en début d'année, la DGCL estime que « la situation financière des départements serait toujours moins favorable en 2025 ». « Poursuivant la dynamique déjà amorcée en 2023 », elle prévoit un nouveau net recul de leur épargne brute de l’ordre de « - 25 % », après une chute d’environ 40 % et 32 % en 2023 et 2024.

En outre, « les besoins de financement augmenteraient » et « le flux net de dette resterait à un niveau élevé », expliquent les auteurs du bulletin d’information statistique. Si les recettes de fonctionnement se stabiliseraient (+ 0,1 %), les dépenses de fonctionnement progresseraient, elles, de + 1,7 %, ces derniers notant que l'inflation est « toujours plus contenue que les années précédentes ».

Dans ce contexte, ils constatent que « la plupart des composantes des dépenses de fonctionnement augmenteraient moins vivement que l'an dernier : c'est le cas des frais de personnel (+ 1,9 %), des dépenses d'intervention qui sont la composante la plus importante (+ 2,1 %), ainsi que des autres dépenses de fonctionnement (+ 2,1 %) ». En parallèle, « les charges financières progresseraient moins fortement que les années passées (+ 5 % contre + 18,1 % en 2024 et + 26 % en 2023) ». 

À l’opposé, La Banque postale, qui a exploité un échantillon de budgets primitifs de 87 départements, estime que, « après deux années consécutives de forte baisse, l’épargne brute départementale rebondirait [de] 14,4 % en 2025 ». 

DMTO : le marché immobilier en question

Pourquoi une telle différence ? Si la banque et le service rattaché au gouvernement se rejoignent à peu près sur le niveau de dépenses de fonctionnement cette année (respectivement une hausse de 2,2 % et de 1,7 %), c’est sur les recettes de fonctionnement qu’elles divergent, la première assurant qu’elles progresseront de 3,1 % quand la seconde les voit stagner en 2025.

Outre la différence de méthodologie employée par La Banque postale et la DGCL (qui pourrait peut-être expliquer une partie des divergences d’analyse), leur discordance semble provenir des évolutions supposées du marché immobilier et donc des recettes engrangées sur les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui en dépendent. 

La DGCL prévoit ainsi que « le marché immobilier, déjà durement touché en 2024, verrait sa dégradation ralentir en 2025 ». Selon elle, « les départements s'attendent donc à une nouvelle diminution des recettes de droits de mutation à titre onéreux », avec un recul de 2,9 %. 

« Sur les sept premiers mois de l'année 2025 par rapport aux mêmes mois de l'année précédente, le nombre de biens échangés recule de - 7,5 %. Les prix des maisons et appartements, eux aussi très dynamiques depuis 2015, ont commencé à baisser à partir du dernier trimestre 2022 pour se stabiliser » cette année, avancent les auteurs du bulletin d’information statistique.

À l’inverse, La Banque postale prévoit une « reprise plus marquée qu’attendu des droits de mutation à titre onéreux », qui serait en hausse de 15 % et retrouveraient ainsi leur niveau de 2023. 

Des projections qui font dire à la banque que « la croissance retrouvée des droits de mutation redonne des couleurs aux indicateurs départementaux ». Mieux, à l’échelle de l’ensemble des collectivités, elle assure que « les recettes fiscales progresseraient de 2,4 % soit une croissance [qui] serait pour près de la moitié la conséquence de la nette reprise des DMTO ». À partir de cette analyse, celle-ci jugeait d’ailleurs que « l’épargne du bloc communal se stabiliserait à [un] niveau proche des deux dernières années ». 

Investissement en baisse

À noter que, sur l’investissement, les prévisions de La Banque postale et de la DGCL sont plus cohérentes et se rejoignent. 

Alors que la direction générale des collectivités territoriales envisage une baisse de 9,6 % de l’investissement « entamé [par] la baisse de l'épargne brute », la banque publique prévoit une chute d’un peu moins de 7 % du fait, selon elle, de « la contrainte qui s’est accrue sur leurs finances au cours des dernières années et de la prudence marquée dans l’élaboration des budgets primitifs ».

Tandis que la DGCL prévient, dans une seconde étude parue vendredi, de la possibilité de voir l’épargne nette des départements être « négative » en 2025, Départements de France parlait, en juillet, d’« une épargne nette comprise entre 100 et 200 millions d’euros à fin 2025 » et s’interrogeait : « Comment pourrions-nous encore participer au redressement des finances publiques ? ».

« Quand nous n’aurons plus les moyens d’entretenir nos 380 000 km de routes et nos 100 000 ponts, et financer les investissements des Services départementaux d’incendie et de secours, il ne faudra pas venir nous dire que l’on ne savait pas », mettait en garde son président François Sauvadet, alors qu’en 2024, 35 départements avaient dégagés « une épargne brute inférieure au seuil d’alerte de 7 % des produits de fonctionnement » et « 12 présentaient une épargne nette négative ».

Consulter le BIS de la DGCL.
 




Mobilité durable
La pratique de la marche dans l'espace public progresse selon un sondage
Le collectif Place aux piétons publie les résultats d'un sondage mené auprès de 2 000 Français sur les déplacements à pied en ville. Si la marche est plébiscitée, des freins subsistent comme le manque d'adaptation des trottoirs ou encore la longueur de certains trajets.

La marche représente près du quart des déplacements quotidiens des Français – chiffre qui augmente depuis dix ans, et atteint 26 % dans les agglomérations de plus de 20 000 habitants et 13 % en milieu rural (lire Maire info du 12 juin 2025). 

Les résultats du sondage mené par le collectif Place aux piétons (FFRandonnée, Rue de l’Avenir, 60 Millions de Piétons, Réseau Vélo et Marche) auprès de 2 000 Français confirment que « la marche du quotidien est en plein essor » mais que « cette dynamique se heurte à des freins majeurs ».

La marche gagne en popularité 

Selon le sondage publié récemment, 58 % des Français déclarent marcher davantage qu’il y a deux ans dans le cadre de leurs déplacements quotidiens. La plupart des sondés expliquent ce choix par des motivations liées à la santé (34 %), pour le plaisir de marcher (9 %), pour des raisons écologiques (11 %), car ils ont changé de travail ou déménagé (12 %) ou encore car ils utilisent désormais des infrastructures urbaines dédiées comme des centres-villes piétonnisés (6 %). Concernant les personnes qui déclarent moins marcher, on remarque que 15 % d’entre elles mettent en cause une impossibilité de marcher à cause d’une vie à la campagne par exemple, de l’insécurité ou de lieux trop éloignés les uns des autres.

Les avantages de la marche à pied sont multiples, selon les sondés qui accordent une importance première au facteur santé (69 %) mais aussi à la gratuité de ce mode de déplacement (54 %) et à sa praticité (34 %). Cependant, de nombreux freins sont identifiés par les marcheurs qui rendent moins agréables les déplacements à pied. 42 % des Français déclarent habiter trop loin des lieux de destination. D’un point de vue plus structurel, 40 % des Français estiment que les trottoirs ne sont pas adaptés, 39 % qu’il y a trop de bruit ou pollution pour marcher et 34 % que les véhicules motorisés roulent trop vite.

Des besoins d’adaptation

Le rôle prépondérant des aménagements pour encourager la marche à pied apparaît clair dans les résultats de ce sondage. En effet, 70 % des Français jugent difficile de franchir les carrefours et traverser les rues, 83 % estiment que les déplacements sont compliqués pour les personnes âgées ou à mobilité réduite et 73 % soulignent les difficultés pour les personnes avec poussettes notamment sur les trottoirs. 

Face à ces constats, les sondés attendent, notamment de la part des collectivités, des mesures concrètes. Par exemple, 94 % des sondés soutiennent la création de cheminements piétons pour relier les quartiers, 90 % réclament davantage de zones piétonnes et 88 % appuient la généralisation du 30 km/h en ville. 

De même, 76 % des Français demandent le développement des rues scolaires (fermeture des rues aux voitures aux heures d’entrée et de sortie d’école). Un guide de l’Ademe est dédié à ce sujet où des alternatives sont présentées notamment pour les communes plus rurales où la circulation en voiture est parfois l’unique solution pour aller chercher son enfant à l’école.




Tourisme
Bilan touristique de l'été 2025 : une belle saison pour les hôtels et campings
Alors que les hébergements collectifs de tourisme enregistraient 247,3 millions de nuitées l'été 2024, une hausse de 9,1 millions de nuitées cet été a été relevée par l'Insee. Les niveaux historiques de la saison estivale 2023 ont même été dépassés.

L’été 2023 avait battu tous les records de fréquentation en matière d’économie touristique. Ce grand cru n’a pas été surpassé par l’été 2024, malgré la tenue des Jeux olympiques et Paralympiques (JOP 2024). Il aura fallu attendre cet été 2025 pour battre les records une augmentation de 3,7 % de la fréquentation de cette saison estivale par rapport à la saison 2024.

De bons scores pour les hébergements collectifs de tourisme 

« La fréquentation des hébergements collectifs de tourisme français enregistre une hausse de 9,1 millions de nuitées par rapport à 2024 pour s’établir à 257,8 millions de nuitées », peut-on lire dans le bilan de l’Insee avec de « très bons mois de juin et juillet 2025 ». Les niveaux historiques de la saison estivale 2023 (249,8 millions de nuitées) ont ainsi été dépassés. 

Ce sont les campings qui ont connu la plus forte fréquentation avec 124,9 millions de nuitées cet été, ce qui représente 3,9 millions de nuitées de plus qu’en 2024. La fréquentation des hôtels semble retrouver de sa superbe après une année 2024 relativement décevante. L’Insee compte pour les hôtels 90,4 millions de nuitées cet été, soit 3,8 millions de plus par rapport à la saison 2024. Le bilan est tout aussi positif pour les résidences hôtelières de tourisme, les villages de vacances et maisons familiales de vacances, les auberges de jeunesse et centres internationaux de séjour et les centres sportifs avec un nombre de nuitées en hausse de 3,5 %.

Ces bons scores s’expliquent notamment par un retour de la clientèle résidente « dont la fréquentation reculait depuis 2022 ». Ainsi plus des deux tiers des nuitées estivales dans les hébergements collectifs de tourisme sont à attribuer à la clientèle résidente. De l’autre côté, la clientèle non-résidente est toujours plus nombreuse avec une augmentation 6,8 % de la fréquentation en 2025 – ce dont a bénéficié en premier lieu les hôtels cet été. 

Littoral, montagne et villes 

Comme chaque été, le littoral reste une destination « prisée » avec 104,6 millions de nuitées cet été. Près des deux tiers de la fréquentation totale du littoral choisissent le camping. La hausse de la fréquentation a été plus marquée dans « les façades du nord et de l’ouest que sur le pourtour méditerranéen ». Une statistique à mettre en lien avec le bilan présenté par le ministère chargé du Tourisme qui identifie le climat comme un facteur déterminant dans les évolutions des habitudes touristiques (lire Maire info du 8 septembre). On observe par exemple un flux touristique vers des destinations moins exposées aux aléas climatiques notamment en Bretagne et Normandie.

La montagne se porte bien aussi grâce à une fréquentation estivale des massifs de montagne en augmentation 2,5 % par rapport à 2024 et avec 44,6 millions de nuitées cet été. « Dans les campings (22,6 millions de nuitées) comme dans les hôtels (12,0 millions de nuitées), les séjours en montagne profitent d’une clientèle non-résidente toujours plus nombreuse », précisent les auteurs du bilan de l’Insee.

Notons enfin que « la hausse de la fréquentation hôtelière profite particulièrement aux zones urbaines denses, où les hôtels représentent près de trois nuitées sur quatre. Le nombre de nuitées augmente ainsi davantage en milieu urbain dense (+ 7,1 %) que sur le reste du territoire. La fréquentation en milieu rural augmente plus modérément (+2,8 %), profitant notamment de la hausse du nombre de nuitées dans les campings. »

Consulter le bilan dans son intégralité. 






Journal Officiel du samedi 27 septembre 2025

Ministère de l'Intérieur
Arrêté du 25 septembre 2025 portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle

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