Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du lundi 13 avril 2015
Économie sociale et solidaire

Un rapport encourage le recours aux monnaies locales complémentaires

« Occito »  dans le Sud-ouest, « SoNantes »  dans l’agglomération nantaise ou « Eusko »  au pays basque, derrière ces noms exotiques se cachent ce que l’on appelle des Monnaies locales complémentaires (MLC). Un rapport remis le 8 avril par Jean-Philippe Magnen, vice-président de la région des Pays de la Loire à Carole Delga, secrétaire d’Etat en charge du Commerce et de l’Artisanat, préconise d’encourager et d’encadrer ces nouvelles monnaies.
Les MLC, parfois aussi appelées monnaies sociales parallèles, régionales ou encore solidaires, constituent des « dispositifs d’échange locaux de biens, de services et de savoirs, organisés autour d’une monnaie spécifique permettant à la fois d’évaluer et de régler des échanges », selon la définition qu’en donne le rapport.
Ce type de monnaie vise à promouvoir l'activité locale en créant un système d'échanges réunissant consommateurs et prestataires. Ces MLC sont acquises par un utilisateur en échange de monnaie nationale (en général à parité : 1 euro = 1 unité de MLC), puis utilisées dans le réseau des entreprises ou commerces préalablement « labellisés »  par les initiateurs, en général des associations. Exemple : un boulanger achète sa farine à un fournisseur local lui-même affilié à l'association à l’origine de la monnaie locale, puis le boulanger vend son pain à un client lui-même adhérent.
Depuis la crise financière de 2008, le mouvement de création de nouvelles monnaies a repris et s’est accéléré, y compris en Europe. Le nombre de MLC a doublé en Allemagne (où on en dénombre une soixantaine) ainsi qu’en Espagne. La France s’est, elle aussi, prêtée au jeu et compte aujourd’hui une trentaine de monnaies de ce type. Le législateur, devant l’engouement pour ce type de monnaie alternative, a été amené à reconnaître dans la loi Economie sociale et solidaire du 31 juillet 2014, dite loi « ESS », ces monnaies comme titres de paiement dès lors que ceux-ci sont l’initiative de structures relevant des acteurs de l’économie sociale et solidaire.
Selon le rapport, « il ne fait aucun doute que la puissance publique doit apporter une contribution pour orienter, évaluer et soutenir ces dispositifs tout en veillant à laisser aux acteurs la pleine initiative de leurs projets ».
Jean-Philippe Magnen préconise d’élaborer « un guide facilitant les démarches des porteurs de projet de monnaies locales complémentaires et de réfléchir à la mise en place d’un observatoire pérenne afin de développer la connaissance de ces dispositifs novateurs, leur dynamique et leurs enjeu » . Le rapport préconise aussi de « développer un appui méthodologique aux acteurs afin de mieux mesurer l’impact sociétal des MLC et amplifier le potentiel de ces dispositifs en termes de plus-value sociale et environnementale » , et de « soutenir des innovations monétaires favorisant l’initiative économique, l’inclusion sociale et la transition énergétique » .

Télécharger le rapport.

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