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Édition du vendredi 29 septembre 2023
Société

En France, la natalité connaît une baisse historique selon l'Insee

En 2022, 726 000 bébés sont nés en France. Selon l'Insee, c'est le nombre de naissances le plus faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette baisse de natalité concerne la quasi-totalité des régions françaises et elle semble s'aggraver en 2023.

Par Lucile Bonnin

De moins en moins de jeunes parents se rendent en mairie pour déclarer la naissance de leur nouveau-né et pour cause : le nombre de naissances est en baisse depuis 2011 (à l’exception de 2021). Selon une étude publiée hier par l’Insee, « les naissances sont désormais inférieures de 12,8 % à celles de 2010 ».

L'Insee pointe « une baisse historique »  de la natalité. En effet, « en 2022, 726 000 bébés sont nés en France, soit 2,2 % de moins qu’en 2021 ». Les auteurs de l’étude constatent que ce recensement est « le plus faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale » . « Les naissances sont ainsi inférieures de 20,8 % par rapport au pic de l’après-guerre, en 1971 » .

Baisse généralisée 

En 2022, on compte 16 000 naissances de moins qu’en 2021 (soit - 2,2 %). Et c’est une tendance qui s’observe déjà au début de l’année 2023 avec « au premier semestre 2023, 24 400 naissances de moins qu’en 2022, soit une baisse de 6,8 % » . La situation semble même chuter davantage car « mis à part les mois de janvier et février 2021, affectés par le confinement du printemps 2020, les mois du début de l’année 2023 correspondent aux plus faibles nombres de naissances mensuels enregistrés depuis 1994, première année où les données mensuelles sur le champ de la France métropolitaine et des DOM sont disponibles ».

Le nombre de naissances baisse et il baisse partout. Elles « baissent davantage que la moyenne nationale dans six régions de France métropolitaine (- 3,2 % dans le Grand Est, - 3,1 % en Bretagne, - 2,9 % en Auvergne-Rhône-Alpes, - 2,6 % dans les Pays de la Loire, - 2,5 % en Ile-de-France et - 2,4 % en Bourgogne-Franche-Comté) ainsi que dans les trois DOM (- 5 % en Guyane, - 3,7 % en Martinique et - 2,9 % en Guadeloupe (...)) » . La Corse et Mayotte font exception et connaissent eux une évolution de la natalité positive : 1,5 % pour l'île de l'Océan indien et 0,8 % pour l’île de beauté. 

Les femmes âgées de 25 à 34 ans qui sont les plus concernées par cette tendance. L’étude pointe qu’entre 2021 et 2022, on enregistre - 2,7 % des naissances pour les mères âgées de 25 à 29 ans et - 3,6 % pour celles âgées de 30 à 34 ans. D’un autre côté, « le nombre de naissances de mères de 40 ans ou plus augmente de 3,3 % entre 2021 et 2022. Cette tranche d’âge est la seule pour laquelle les naissances sont plus nombreuses en 2022 ». La tendance n’est pas nouvelle mais elle se confirme d’année en année. 

Phénomène de société 

Ces chiffres posent évidemment de nombreuses questions, et les suppositions vont bon train sur les raisons de cette baisse historique. Des témoignages de jeunes refusant d’avoir des enfants par « convictions écologiques »  sont souvent mis en avant dans le débat public, mais il est impossible de quantifier le phénomène. 

Sur RMC, ce matin, un jeune serveur de 26 ans explique que c’est surtout pour des raisons économiques qu’il ne pense pas avoir d’enfant à l’avenir. Sur ce point, l’Insee remarque que « le dernier creux des naissances remonte au début des années 1990, dans un contexte de récession économique ». Tandis que certains évoquent déjà la mise en place éventuelle d’une politique nataliste, rappelons que la ministre des Solidarités, Aurore Bergé, avait évoqué fin juillet l'idée de raccourcir le congé parental tout en augmentant sa rémunération. Cette proposition ne figure pourtant pas dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2024.

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