Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du vendredi 27 janvier 2006
Sécurité

Nicolas Sarkozy propose l'institution d'un «carnet de développement de l'enfant» qui le suivra «de sa naissance à sa vie adulte»

D'un «carnet de l'enfant» à la «comparution immédiate» pour les mineurs, en passant par un classement sans suite «sous conditions» de certaines infractions, Nicolas Sarkozy a exposé jeudi à Montbéliard ses propositions pour la prévention de la délinquance, notamment scolaire. Il «faut élargir la gamme des réponses, systématiques, individualisées et rapides à la délinquance des mineurs», a souhaité le ministre de l'Intérieur. «Aujourd'hui, c'est le choix entre ne rien faire et la prison», aussi «faut-il imaginer tout un tas de réponses différenciées: travail d'intérêt général, excuses aux victimes, placement en internat, éloignement du milieu scolaire (...), jusqu'à la prison», a-t-il énuméré. Sans exclure la simple admonestation, le ministre de l'Intérieur la souhaite unique: «une par infraction et ensuite, c'est la sanction», a-t-il dit. Ainsi M. Sarkozy a évoqué, pour des infractions telles que «tags, violences légères ou fraude dans les transports», la possibilité d'un «classement sans suite, mais sous conditions». Et de citer «la conduite du mineur auprès d'un psychologue, accomplir un stage de citoyenneté ou de formation civique en présence des parents, réparer le dommage». Pour les faits «les plus graves ou réitérés», M. Sarkozy a suggéré la comparution immédiate que l'on pourrait étendre aux mineurs récidivistes». Enfin, il a évoqué «lorsque cela est nécessaire», la possibilité d'«éloigner temporairement un mineur délinquant (vers) un établissement adapté, de type internat», comme pour le jeune agresseur d'une enseignante enceinte dans un collège de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Dans les établissements scolaires, il a proposé que les règlements intérieurs soient adoptés «de façon solennelle, en y associant les enseignants, les parents et les élèves qui doivent être informés précisément de son contenu». Le ministre, qui a reçu mercredi Karen Montet-Toutain, le professeur poignardé par un élève le 16 décembre dans un lycée professionnel d'Etampes (Essonne), entend ne «pas laisser les enseignants seuls» dans les établissements les plus difficiles «Je propose qu'un policier ou un gendarme, sur la base du volontariat de la communauté éducative, puisse être à temps partiel dans ces établissements pour aider les enseignants, les parents». En amont, le ministre a proposé l'institution d'un «carnet de développement de l'enfant» qui le suivra de sa naissance à sa vie adulte». «Il ne s'agit pas de ficher les jeunes», a-t-il assuré, mais de «leur donner plus de chances d'être pris en charge». Il contiendrait tous les éléments du «suivi» de l'enfant, qui «doit se faire de façon très professionnelle», a insisté le ministre. Pour lui, «il faut recréer une chaîne continue, en étendant la compétence de la protection maternelle et infantile (PMI) jusqu'à la fin de de l'école primaire». «Au-delà, la médecine scolaire doit prendre le relais avec la même vigilance», a expliqué le ministre. L'ensemble de ce suivi devrait être ponctué de «rendez-vous fixes», a-t-il ajouté, citant un «bilan à trois ans (qui) est une étape clé pour dépister précocement les troubles du comportement et des apprentissages», l'étape suivante étant l'âge «de six ans», selon lui.c=http://www.upgradead.com/

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