Édition du 7 décembre 2015


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Les résultats, région par région

Le bipartisme est bien mort en France : dans la totalité des douze nouvelles grandes régions, pour la première fois, trois partis sont en lice pour le second tour. La situation ce matin, région par région.

Nord-Pas-de-Calais-Picardie

Le Front national est très largement en tête, à 40,6 %, avec plus de 15 points d’avance sur la droite (25 % pour Xavier Bertrand) et 22 points d’avance sur le PS (18,1 % pour Pierre de Saintignon). À Calais, ville particulièrement marquée par le drame des migrants, le FN réalise 49,1 % ; à Hénin-Beaumont, fief de Marine Le Pen, celle-ci frôle les 60 %.
En Picardie, le FN confirme également de très bons scores dans l’Oise (42 %) et dans l’Aisne (43,6 %).
Malgré le retrait annoncé du candidat socialiste, le FN s’estime ce matin en mesure de remporter la région dimanche prochain.

Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine
Dans cette région ouvrière, la liste FN, menée par Florian Philippot, mène de plus de 10 points avec 36,6 %, contre 25,8 % pour le président sortant du conseil régional d'Alsace, Philippe Richert (LR) et 16,1 % pour l’ancien président du Conseil régional de Lorraine, Jean-Pierre Masseret. Dans les villes moyennes de la région, le FN est presque partout en tête, de Charleville-Mézières à Vitry-le-François en passant par Troyes, Saint-Dizier, Sarreguemines, Forbach. Les plus grandes villes, comme Strasbourg ou Nancy, échappent au FN, à l’exception de Metz, où Florian Philippot est en tête.
La situation politique est particulière dans cette région : alors que le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a répété ce matin que le PS devait se retirer au second tour, précisant qu’il s’agit d’une décision « à l’unanimité du bureau national », Jean-Pierre Masseret, pour l'instant, a réitéré son refus de le faire.

Bourgogne-Franche-Comté
Large victoire encore du FN au premier tour dans cette région longtemps marquée à gauche. La liste conduite par Sophie Montel a obtenu 31,4 % des suffrages. Derrière elle, droite et gauche sont au coude-à-coude avec 24 et 23% des voix. Comme ailleurs, les grandes villes (Dijon, Besançon) ont moins voté FN, alors que dans les campagnes et les villes très ouvrières du Doubs, par exemple, la liste de Sophie Montel dépasse parfois les 40 %. Le PS devrait se maintenir au second tour, l’issue du scrutin est donc assez incertaine.

Centre-Val-de-Loire
La victoire du FN (30,5 %) est une surprise dans cette région, où jusqu’ici le FN ne réalisait pas d’excellents scores. Le choix du FN de présenter un candidat agriculteur, Philippe Loiseau, semble avoir été payant. Derrière lui, le centriste Philippe Vigier réalise 26,3 % et le socialiste François Bonneau, président sortant de la région Centre, 24,3 %. Le FN fait des scores considérables dans les petites communes rurales du Cher ou de l’Indre-et-Loire. À l’exception de l’Indre-et-Loire, le parti de Marine Le Pen est en tête dans tous les départements de la région. La gauche espère toutefois pouvoir conserver cette région, le total des voix de gauche étant supérieur à celui de la droite.

Normandie
La situation est restée longtemps incertaine en Normandie, où droite et FN sont au coude-à-coude. Finalement, c’est le centriste Hervé Morin qui l’a emporté de très peu (27,9 % contre 27,7 % au frontiste Nicolas Bay). Le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol arrive troisième, avec 23,5 %. Dans les départements les plus ruraux, l’Eure et l’Orne, le FN est largement en tête, avec des scores parfois supérieurs à 60 % dans certains villages. Dans le très industriel département de Seine-Maritime, le FN est également en tête, avec 28 %, même si les grandes villes comme Le Havre et Rouen ont moins voté FN.
En Normandie, le PS estime avoir une réserve de voix plus importante que celle d’Hervé Morin et pouvoir l’emporter lors de la triangulaire.

Île-de-France
La liste de droite conduite par Valérie Pécresse l’emporte au premier tour dans la région capitale, avec 30,5 % des voix, devant la liste du président socialiste de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (25,2 %) et le FN de Wallerand de Saint-Just (18,4 %). La droite n’est toutefois pas certaine de gagner dimanche prochain, car il faudra sans doute ajouter aux voix socialistes une bonne partie des voix écologistes (8 %) et communistes (6,6 %). On notera le score assez important de la liste Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan, à 6,6 %.
Les résultats du FN, comme partout ailleurs, sont très marqués sociologiquement en Île-de-France : la ville de Paris n’a voté FN qu’à 9,7 %, tandis que le parti de Marine Le Pen fait 20 % dans la Seine-Saint-Denis, beaucoup plus populaire.

Pays-de-la-Loire
C’est le Républicain Bruno Retailleau, l’ancien président du conseil départemental de Vendée, qui l’emporte assez largement en Pays-de-la-Loire, avec 33,5 % des voix. Le FN est, cette fois distancé, puisqu’il n’arrive que troisième avec 21,4 %, derrière le socialiste Christophe Clergeau (25,8 %). Toutefois, le Front national a triplé ici son score par rapport à 2010, dans une région où il étant traditionnellement peu implanté. Il l’emporte dans la Sarthe, tandis que le PS gagne en Loire-Atlantique ; dans les trois autres départements (Mayenne, Maine-et-Loire et Vendée), c’est l’union de la droite qui arrive en tête.

Bretagne
Pari gagné pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui devance très largement avec 34,7 %, le Républicain Marc Le Fur (23,5 %) et le FN Gilles Pennelle (18,2 %). Il est à noter que le maire de Carhaix, Christian Troadec, qui se présentait au nom des « Bonnets rouges », n’a pas réussi à percer (6,7 %).
La Bretagne est la seule région où le PS l’emporte dans tous les départements. Il ne semble pas en danger pour le second tour.

Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Si le PS l’emporte dans la plus grande région du pays, qui va du Pays basque à Limoges, le résultat du second tour est très incertain. La liste socialiste conduite par Alain Rousset, l’actuel patron de l’Association des régions de France, l’emporte avec 30,4 %, contre 27,2 à la Républicaine Virginie Calmels et 23,2 % au frontiste Jacques Colombier. Les résultats par départements sont très contrastés dans cette région : Le FN l’a emporté dans le Lot-et-Garonne, tandis que le PS gagnait la Gironde, la Dordogne, la Haute-Vienne et la Creuse. La droite est en tête en Corrèze, dans la Vienne, les Deux-Sèvres, la Charente et la Charente-Maritime.
Les ténors des deux camps, Alain Juppé pour la droite et Alain Rousset au PS, faisaient état hier soir de leur « confiance » dans leur capacité à emporter la région dimanche prochain. L’abstention a été plus importante dans cette région qu’à l’échelle nationale – il y a donc encore, certainement, un certain réservoir de voix pour les deux camps.

Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées
Encore une région où le FN arrive largement en tête, avec 31,8 % pour la liste conduite par Louis Alliot, et un score départemental particulièrement élevé dans les Pyrénées-Orientales (41,7 %). Derrière – et c’est la seule région du pays où existe cette configuration – c’est le PS qui arrive second, avec 24,4 % pour la liste conduite par Carole Delga, l’ancienne secrétaire d’État au commerce. Dominique Reynié, pour l’union de la droite, arrivé troisième, avec 18,8 %.
À Beaucaire, ville dirigée par le FN depuis 2014, le parti de Marine Le Pen réalise 59,7 %.
Si elle s'en tient aux directives édictées dès hier soir par le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, la droite pourrait ne pas se retirer, ce qui donnerait au Front national une possibilité réelle d’emporter la région dimanche prochain.

Paca
Victoire attendue, mais néanmoins beaucoup plus imposante que prévu, pour la députée FN Marion Maréchal-Le Pen en Provence-Alpes-Côte-d’Azur. La nièce de Marine Le Pen a écrasé la concurrence, battant notamment Christian Estrosi, le maire de Nice, de 17 points. Le socialiste Christophe Castaner, quant à lui, réalise le score historiquement bas de 16,6 %.
Dans les villes déjà dirigées par le Front national depuis 2014, on ne peut pas dire que l’exercice du pouvoir ait usé le parti d’extrême droite : la liste FN réalise 50,4 % à Fréjus, 53,7 % au Pontet, 52,7 % au Luc.
Au moment de l’annonce des résultats, hier soir, le socialiste Christophe Castaner a annoncé son intention de se maintenir au second tour. Après la déclaration du patron du PS, et une réunion apparemment très houleuse avec les figures locales du PS, il est finalement revenu sur sa décision et a annoncé son retrait.

Auvergne-Rhône-Alpes
Le maire du Puy-en-Velay, Laurent Wauquiez, qui dirigeait la liste de droite, est largement devant avec 31,7 %, devant le FN (25,5 %) et le PS (23,9 %). Le FN l’emporte dans l’Ain, la Drôme et l’Isère ; le PS se consolera en gardant la première place dans la métropole de Lyon. Les écologistes, qui avaient réalisé d’excellents scores dans la partie Rhône-Alpes de la région ces dernières années, ont lourdement chuté, passant de 18 à 7%
L’issue du second tour est, là aussi, particulièrement incertaine. Le total des voix de gauche étant supérieur à celui de Laurent Wauquiez, la gauche espère sauver la région. Ce seront les reports des voix qui seront déterminants dans cette triangulaire très ouverte.
F.L.

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Journal Officiel

Journal Officiel du 6 décembre 2015

  • Ministère de l'intérieur

    Décret n° 2015-1589 du 4 décembre 2015 portant abrogation de l'article D. 2411-1 du code général des collectivités territoriales


    Lire le JO  

  • Premier ministre

    Décret du 4 décembre 2015 portant prolongation d'activité (Cour des comptes)


    Lire le JO  

  • Ministère de la transition écologique et solidaire

    Décret n° 2015-1581 du 3 décembre 2015 relatif à l'instauration de servitudes d'utilité publique pour le transport par câbles en milieu urbain


    Lire le JO  

  • Décret du 4 décembre 2015 portant nomination du président du conseil d'administration de l'établissement public Bpifrance - M. LEPETIT (Pierre)


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