Édition du 14  mai 2008


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Le chef de l'Etat défend le projet de loi de modernisation de l'économie (LME)

Nicolas Sarkozy s’est rendu mardi 13 mai à Vienne (Isère) pour se faire l'avocat de la loi sur la modernisation de l'économie (LME) (voir aussi nos informations de ce jour sur les intentions du rapporteur du texte à l'Assemblée). Ce texte a pour ambition de faire baisser les prix des produits de grande consommation en renforçant la concurrence, permet notamment aux fournisseurs et à la grande distribution de négocier totalement les prix. Le projet de loi lève aussi la plupart des autorisations aujourd'hui nécessaires à l'implantation des grandes surfaces entre 300 m2 et 1.000 m2. Selon le ministère des Finances, ces mesures pourraient entraîner une baisse des prix de 1,6% d'ici trois ans, ainsi que 0,3 point de croissance supplémentaire par an sur trois ans. Reste que des petits commerçants aux plus petits fournisseurs de l'agroalimentaire, en passant par certains «grands» de la distribution, mais aussi par une partie de la majorité UMP, les résistances sont fortes. Dans ce débat, les positions développées de Michel-Edouard Leclerc, patron des centres Leclerc, qui a critiqué le pouvoir des élus en matière d'urbanisme commercial ne contribuent pas à calmer le jeu. Le distributeur avait ainsi affirmé le11 mai qu'il «ne comprend pas ce que les élus viennent faire là-dedans en terme de concurrence, ce ne sont pas les mieux placés pour choisir quelles sont les enseignes les plus favorables aux consommateurs». A deux semaines du début de l'examen du texte par les députés (27 mai), le chef de l'Etat a donc voulu se livrer à un exercice de «pédagogie», selon l'Elysée. D'abord devant les ouvriers d'une usine Yoplait, puis autour d'une table ronde, avec des représentants de commerçants, dans la salle des fêtes de Vienne. Devant les premiers, il a évoqué les «trois manettes» à la disposition du gouvernement, selon lui, pour améliorer le pouvoir d'achat: les heures supplémentaires, la baisse des prix par la concurrence et l'intéressement. Aux seconds, il a expliqué le mécanisme de la loi: «on essaie de moderniser l'économie pour rendre du pouvoir d'achat aux Français, en créant les conditions de la concurrence pour faire baisser les prix» à la consommation. L'enjeu est important pour M. Sarkozy qui avait promis, pendant sa campagne, d'être «le président du pouvoir d'achat», et auquel l'opposition reproche d'avoir échoué à tenir cet engagement. Pour l'occasion, le chef de l'Etat, qui était accompagné des deux secrétaires d'Etat Luc Chatel (Industrie et consommation) et Hervé Novelli (PME), a retrouvé le ton volontariste et déterminé qu'il employait alors. «En France, on ne peut pas négocier les prix entre distributeurs et fournisseurs. Un comble!», s'est-il exclamé. Le projet de loi prévoit que désormais, les uns et les autres pourront négocier les prix. Seule limite imposée: la vente à perte qui demeure interdite. Il leur a également rappelé que le projet de loi prévoyait de «réserver 15% de la commande publique aux PME». Parmi les autres sujets évoqués: les 35 heures -«mais où a-t-on été cherché une idée pareille!», s'est-il exclamé- ou encore le travail le dimanche, objet actuellement d'une proposition de loi, qui «doit se faire sur la base du volontariat». «Il faut remettre l'économie française en mouvement, bon sang! Le monde bouge. Douze pays de l'Union européenne connaissent le plein emploi», a-t-il martelé. «Je pense que ce n'est pas foutu. Il n'y a pas de fatalité. Je dois montrer l'exemple en allant chercher le point de croissance» qui manque à la France, a-t-il lancé. Selon lui, «ce n'est pas une question de droite ou de gauche, ça va au-delà des idées partisanes, ce sont des idées de bon sens».c=http://www.adv
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