Édition du 2 juin 2017


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Législatives : radiographie des candidats

Le ministère de l’Intérieur vient de publier pour la première fois – open data oblige – une liste complète des candidats aux élections législatives, qui permet de faire quelques statistiques intéressantes.
Tout d’abord sur la parité, dont on s’aperçoit qu’elle est encore loin d’être acquise. Sur les 7 877 candidats, 3 341 sont des femmes, soit 42,4 % seulement. Peu de progrès donc en dix ans, puisqu’en 2007, il y avait également 42 % de femmes candidates (39 % en 2002 et 40 % en 2012) (1). D’un parti à l’autre, les chiffres sont assez différents : le Parti socialiste et Les Républicains sont les plus en retard sur ce sujet, avec respectivement 44,2 % et 39 % de femmes. La République en marche et Lutte ouvrière sont les seuls partis présents à l’échelle nationale à présenter plus de femmes que d’hommes tandis que le Modem, le FN et La France insoumise s’approchent de la parité.
Le nombre total de candidats (7 877) est en hausse par rapport à 2012 (6 611) et se rapproche de celui de 2007 (7640). L’âge moyen des candidats, malgré la volonté de rajeunissement exprimée par plusieurs partis, ne varie guère : il était de 48 ans en 2002, 51 ans en 2007, 50 ans en 2012. Il est cette année de 48,5 ans. Mais des différences s’observent d’un parti à l’autre – même si elles ne sont pas considérables. Parmi les partis présents à l’échelle nationale, ce sont la République en marche et La France insoumise qui se partagent la palme de la moyenne d’âge la plus basse, avec 46 ans. Suivent le FN (47 ans), le PS (49 ans) et les Républicains (50,4 ans).
21 candidats ont 18 ans. La cadette des candidats est une étudiante du Val-de-Marne, sans étiquette. Neuf candidats ont plus de 80 ans, le doyen étant une candidate divers droite de 89 ans, qui se présente pour les Français établis hors de France. Plus généralement, 271 candidats ont plus de 75 ans, et 303 ont moins de 25 ans.
Concernant le profil sociologique des candidats, pas de grande surprise : les candidats aux législatives sont majoritairement issus des catégories socio-professionnelles intermédiaire et supérieure. Les catégories sociales telles qu’ouvrier sont fortement sous-représentées par rapport à la place qu’elles occupent dans la société : il n’y a par exemple que 1,7 % des candidats qui sont ouvriers, alors que ceux-ci représentent 8 % de la population. Les employés sont en revanche plus proches de leur poids démographique (10,22 % de candidats employés pour 14 % d’employés dans la population totale). Les retraités sont sous-représentés (12,5 % des candidats pour 25 % dans la population).
Les cadres et professions libérales sont en revanche surreprésentés, avec 1937 candidats, soit 24,5 % du total, alors qu’ils représentent 14 % de la population. 4,77 % des candidats sont chefs d’entreprise industrielle, 2 % sont avocats, 1,6 % sont médecins.
Contrairement à un préjugé fort répandu, la part de fonctionnaires n’est pas très importante parmi les candidats : elle est de moins de 10 % (780 candidats sur 7877). Parmi eux, plus de la moitié sont de catégorie A et 181 de catégorie C.
Tous ces chiffres sont sensiblement équivalents à ceux des élections précédentes. Il n’en va pas de même, en revanche, sur le renouvellement des candidats. Le fait marquant de cette élection est bien l’apparition des règles de non-cumul des mandats, qui a fait chuter non seulement le nombre de candidats députés sortants, mais celui de candidats ayant un autre mandat. En 2007, 472 députés sortants se sont représentés, en 2012, 464. Cette année, ils ne sont que 352. Les chiffres sont plus frappants encore si l’on regarde le nombre de candidats ayant déjà un mandat autre que député : il serait inférieur à 30 sur 7 877 !
Plusieurs de ces candidats seraient automatiquement obligés de renoncer à un mandat s’ils étaient élus. C’est le cas des 6 parlementaires européens (Louis Alliot, Sylvie Goddyn, Florian Philippot, Sophie Montel, Jean-Luc Mélenchon et Marielle de Sarnez, cette dernière étant doublement concernée puisqu’elle est également ministre). On trouve aussi dans la liste 5 sénateurs, 4 présidents de conseils départementaux et un président d’EPCI (Olivier Gaillard, président de la communauté de communes Piémont Cévenol).
Reste enfin la question des maires. Selon le fichier fourni par le ministère, ils ne seraient que 5, ce qui paraît extrêmement peu. On ne peut exclure la possibilité que quelques erreurs se soient glissées dans le fichier – une, au moins est constatable : le maire d’Annonay et président de l’Association des petites villes de France, Olivier Dussopt, n’est pas référencé comme maire dans le fichier du ministère. Mais de toute façon, il semble clair que les actuels députés-maires ont très largement fait le choix de conserver leur mandat local.
F.L.

(1) Pour les chiffres de 2002, 2007 et 2012, la source est l’étude Ifop Analyse sur le profil des candidats aux élections législatives, mai 2012.
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